Musique : Villes des musiques du monde, 25e édition, enfin, en Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Grand Paris.

Villes des musiques du monde, qui inaugure son vingt-cinquième festival ce 9 octobre, a su trouver un thème en phase avec l’actualité récente, laquelle a obligé les lieux de convivialité à fermer : « Tournée générale ».
Non pas qu’il s’agisse béatement de se réjouir de pouvoir de nouveau prendre un pot entre amis, mais plutôt de se souvenir que bien des musiques aujourd’hui populaires sont nées dans ces endroits. Des exemples ? les tablaos andalous accouchèrent du flamenco. Les cafés de Lisbonne du fado. Les tavernes d’émigrés de retour au pays du rebetiko de Smyrne, celles du Pirée – fréquentées par les îliens venus chercher du travail à la capitale – de celui qui supplanta le premier. Quant à la chanson française, que ne doit-elle pas au Chat noir ou aux Trois baudets tandis que chacun connaît la dette du jazz outre Atlantique envers les quartiers chauds de la Nouvelle-Orléans ? Ce sont toutes ces musiques qu’il convient d’honorer cette année. Tout en se posant la question de savoir s’il y a désormais de nouvelles pratiques de convivialité à inventer.
Pas question ici de faire un article-catalogue, mais plutôt de jeter des coups de projecteurs sur quelques facettes du festival qui semblent particulièrement bien répondre à ce cahier des charges.
Il y a d’abord les concerts dans des bars, dans des « non lieux » (entendez : « musicaux ») comme dit le dossier de presse. Car c’est effectivement bien là et dans la rue que naissent les styles qui après-demain envahiront les plateaux de télévision.
Ainsi, c’est la musicienne du métro Ludmila Kramar et le Mamaliga Orkestar qui ouvrent le festival le 8 octobre au Punk Paradise – ancien ancien Satellite Café – à Paris.
Le 360 Paris Music Factory de Paris se fend de son côté de deux dates : le 21 octobre, il programme Zakaria Haffar pour animer l’apéro Douce France, thème du festival 2020 et de l’exposition organisée par l’association porteuse du festival ; et le lendemain c’est à Zaef le sans papier et au groupe Mass bass d’investir les murs.
Le Café de Paris, toujours à Paris, quant à lui, reçoit le spectacle « Café bavard » de Moussa Lebkiri le 24.
À L’Imprévu, dans le 10e arrondissement, l’on entend du chaâbi, ce blues de la casbah d’Alger, avec le Trio BouchalaSam. Et à quelques jours de là, La Table ouverte, dans le 18e arrondissement, programme de la chanson kabyle avec Rachid Mesbahi.
Même si les lieux qui suivent sont dédiés à la musique, on ne quitte pas pour autant ces mélodies nées en dehors des académies.
Ainsi les tavernes du port du Pirée se rappellent à notre bon souvenir à l’Alhambra de Paris le 10 octobre avec Dafné Kritharas à l’occasion de la sortie de son nouvel album, « Varka ». Elle a été lauréate du Prix des Musiques d’ici en 2020.
Les bergers itinérants et les chanteuses des maisons closes du Maghreb revivent avec l’organisation d’un cabaret raï à la Maison du peuple de Pierrefitte-sur-Seine le 22 octobre et avec la participation du groupe du Grand bal raï.
Le fado est porté par Tania Raquel Caetano et son groupe de Tasca portugaise au cours d’un repas et d’un film au cinéma « Le Studio » d’Aubervilliers le 24 octobre.
Le spectacle Pena de la rumba, avec El Elegante y su 9X3 rumba et ses DJ fait revivre la rumba originelle, la cubaine, à La Marbrerie de Montreuil le 29 octobre.
Ce même cinéma accueille le temps d’une journée la projection du film « L’Acrobate », un repas argentin, une initiation au tango et un après-midi Milonga, à la fois danse ancêtre du tango et lieu où elle se danse le 31 octobre.
Ce n’est pas tout.
Le festival comporte aussi d’autres moments consacrés à la danse, des causeries ou conférences.
Ainsi qu’un autre concert synchrone avec une autre sortie d’album, celle du groupe Le grand barouf avec Romain Baudouin au Théâtre de l’Atalante le 13 octobre. Deux créations aussi : d’une part le spectacle Tiombo, avec Fixi, Olivier Araste (Lindigo), Menwear et Kersley Shamsam le 6 novembre au Sax d’Achères, d’autre part le concert Cuniot Kuartet Klezmer avec Chpetsial Klezmerdim au New morning de Paris le 7 novembre. Et tant d’autres – le festival s’échelonne du 8 octobre au 14 novembre – que l’on retrouve sans peine sur le site dédié.
Pierre FRANÇOIS

Photo : Chloé Kritharas Devienne.

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