Théâtre : « Lettre d’une inconnue », de Stefan Zweig à La Folie théâtre, à Paris.

Mort et passion, par Clara.
Lettre d'une inconnue est une courte nouvelle publiée en 1922 (il y a presque 100 ans) alors que l'auteur faisait déjà partie de l’intelligentsia juive viennoise.
Stefan Zweig a quitté son pays en raison de la montée du nazisme. L'ensemble de son œuvre porte un regard désespéré sur l'humanité. En effet, très tôt, il a conscience des atrocités dont les hommes sont capable. Il se suicide, en exil, gagné par le désespoir de la guerre qu'il considère comme l'échec de sa civilisation.
Toute son œuvre est marquée par le désespoir et la passion qui conduit à la folie. Le propos de cette nouvelle est donc lourd. Elle commence et finit par la mort. Le femme, qui sait qu'elle va mourir, écrit une lettre en forme de testament à l'homme qu'elle a toujours aimé sans le lui dire, en secret.
La mort plane sur son récit ; elle raconte chaque étape de son histoire, de sa vie, son aveuglement volontaire.
Elle rêve son amour parfait, qui est loin d'être tel, fondé qu’il est sur le refus la confrontation avec la réalité de l'homme aimé. Refus de partager le quotidien, de connaître ses défauts touchants. Pourtant, elle se rappelle à lui en envoyant chaque année un bouquet de fleurs, des roses blanches, pour son anniversaire.
L'homme, l'aimé, lui n'a pas conscience de ce qui se trame dans la tête de l'inconnue, la folie qui monte toujours et encore.
Une voix off retranscrit l'homme qui découvre cette lettre et l'on imagine facilement son étonnement.
L'adaptation théâtrale rend très bien la folie de cet amour incompréhensible.
Cependant, l'émotion est contenu dans le texte et la mise en scène manque de sobriété, de simplicité.
L'apport de l'écran qui projette des images déconcentre le spectateur, de même que les lumières stroboscopiques inutiles.
La comédienne joue en permanence l'émotion sur le même registre et tombe parfois dans le pathos.
Une pièce de théâtre difficile, qui laisse un malaise peut être parce que c'est un cri déchirant qui décrit un amour passionnel, absolu et désintéressé.
Clara
« Lettre d'une inconnue », d'après Stefan Zweig. Nouvelle mise en scène de Lætitia Lebacq, assistée de Patricia Marquet. Avec Lætitia Lebacq. Scénographie : Murielle Lavialle. Chorégraphie : Sandra Pinto-Régal. Musique : Thomas Marqueyssat. Lumières : Johanna Legrand. Voix de R : Jean-Baptiste Verquin. Coiffure et maquillage : Delphine Ethève. Travail vidéo : Lætitia Lebacq et Thomas Marqueyssat. Jeudi à 19 h 30, samedi à 18 heures et dimanche à 16 h 30 jusqu'au 27 janvier à La Folie théâtre, 6, rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris, métro Saint-Ambroise, tél. 01 43 55 14 80, www.folietheatre.com

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