Théâtre : « Saccage », de et mis en scène par Judith Bernard à la Manufacture des abbesses, à Paris.

Marginaux créatifs.
« Saccage » est une reprise que l’on voit avec autant de plaisir que la première fois. La pièce montre comment toute initiative – surtout féconde – conduite en dehors des institutions est vouée à l’échec.
On est face à un théâtre aussi engagé que talentueux, aux personnages crédibles (qui ressemblent à certaines de nos connaissances) et à la mise en scène enlevée. Le texte est réaliste, le décor sobre, n’étant quelques projections inutiles. Les deux épisodes principaux concernent la fac de Vincennes et la ZAD de Notre-Dame des Landes. On y parle aussi de quelques autres expériences, comme de celles du Rojava ou de la clinique de la Borde. Ce qui relie toutes ces histoires ? Le fait de se situer en dehors des cadres existants. Or, ces derniers ne peuvent tolérer une réalité qui ne leur rende pas de compte, pire : qui n’entre pas dans les schémas préétablis. Les moyens utilisés commencent par l’usure administrative et finissent avec les pelleteuses. Pour autant, l’élimination des initiatives créatrices est-elle leur mort ? Il ne reste rien des bâtiments de la fac de Vincennes, mais les unités de valeur sont une création du bouillonnement qui en a été la marque…
Pierre FRANÇOIS
« Saccage », de et mis en scène par Judith Bernard. Avec, en alternance, Judith Bernard / Pauline Christophe, Antoine Jouanolou / Jean Vocat, Marc Le Gall / David Nazarenko et Caroline Gay. Dimanche à 20 h 30, lundi et mardi à 21 heures à la Manufacture des Abbesses, 7, rue Véron 75018 Paris, Métro Abbesses ou Pigalle, tél. 01 42 33 42 03, public@manufacturedesabbesses.com.

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