Théâtre : « Le Conte d’hiver », d’après Shalespeare par l’Agence de voyages imaginaires à Paris et en tournée.

Conte fantastique.
« Le Conte d'hiver » est une pièce connue de Shakespare. Dite à problème dans la mesure où elle bascule assez brutalement du registre tragique au pastoral heureux. L'agence de voyages imaginaires harmonise le tout à sa façon en la transformant en un immense jeu de massacre qui présente – en musique – les différents protagonistes en autant de clowns ou plutôt de marionnettes plus ou moins jouets du destin. Il est vrai que pour ce faire des coupes sont réalisées et des personnages disparaissent : ce n'est pas pour rien que le dossier de presse précise que c'est « du théâtre d'après Shakespeare, une tragédie qui finit bien (ou une comédie qui commence mal). »…
Mais il faut commencer par le commencement. Les loges de cette troupe se situent toujours dans le hall du théâtre. Par des ouvertures, le public peut ainsi suivre la transformation progressive des comédiens jusqu'au moment où ils deviennent complètement leurs personnages entrant en musique dans la salle par le même chemin que les spectateurs.
Et il ne faut pas oublier la suite de la pièce : le cabaret. Sur réservation, car il n'est pas possible de préparer à manger pour autant de personnes que celles ayant assisté au spectacle. Le thème ? La vie de Shakespeare, en musique, évidemment. On ne vient pas là pour apprendre des révélations inédites sur le grand auteur, mais pour partager une bonne humeur communicative.
Car la signature de l'agence de voyages imaginaires est là. Certes, leurs spectacles sont de grande qualité et, concernant ce Conte d'hiver, il n'y a effectivement rien à redire (et beaucoup à applaudir).
Mais le principal n'est pas encore là. Si les comédiens s'apprêtent quasiment en public, s'ils amplifient la dimension de conte du spectacle, si enfin certains jouent encore de la musique pendant que les autres vont de table en table à la rencontre des convives, c'est d'abord pour partager la jubilation qui est la leur. On les sent heureux, tout simplement, dans leur peau et dans leur métier, et désireux de partager ce bonheur. Dans un univers dont l'axiome de base est le mentir vrai, cette démarche est étonnante. Bien souvent les comédiens, qui n’ont pas un caractère plus malheureux que les autres gens, ne partagent ce bonheur qu'entre eux, ici, tel la femme du Larousse, ils le diffusent à tous.
Pierre FRANÇOIS
« Le Conte d'hiver », d'après William Shakespeare. Avec Valérie Bournet, Francisco Cabello, Philippe Car, Nicolas Delorme, Susanna Martini ou Lucie Botiveau, Vincent Trouble. Mise en scène : Philippe Car. Musiqsue et direction d'orchestre : Vincent Trouble. Costumes : Christian Burle. Lumières : Julô Etiévant. Son : Pedro Theuriet. Adaptation : Yves Fravega et Philippe Car.
Du 10 novembre au 18 décembre, du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures au Théâtre 13, 30, rue du Chevaleret, 75013 Paris, métro Bibliothèque François Mitterrand, tél. 01 45 88 62 22, www.theatre13.com.
Les 5 et 6 janvier au Liburnia à Libourne (33), 13 et 14 au Théâtre du parc à Andrézieux-Bouthéon (42), le 20 au Théâtre de Fos à Fos sur mer (13), le 28 au Reflet à Vevey (Suisse), les 31 janvier et 1er février à la Maison des arts du Léman à Thonon-les-bains (74), le 4 mars au Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue (94), les 9 et 10 à l'Espace Lino Ventura de Garges-les-Gonesse (95), le 14 à La Renaissance à Mondeville (14), les 17 et 18 aux Passerelles à Pontault-Combault (77), le 5 mai au Théâtre Jean Le Bleu de Manosque (04), du 16 au 19 au Théâtre de la Renaissance à Oullins (69).

Photo : Pierre Francois.

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