Spiritualité : chanter encore sur les compositions d’André Gouze ?

L’homme et l’œuvre.
Dans l’affaire de Jean Vanier, l’on a eu affaire aux dérives d’un homme dont l’œuvre lui survit et reste positive, portée qu’elle est par une multitude de personnes dévouées.
Dans l’affaire de Marie-Dominique Philippe, l’œuvre de l’intéressé* est vouée à disparaître.
Dans l’affaire qui se profile, d’André Gouze, accusé de viol sur mineur, l’œuvre de ce dernier, auteur d’une multitude de chants liturgiques, peut-elle lui survivre ?
Nul n’est obligé d’aller voir un film de Polanski. Mais qui est sûr qu’en se rendant à une célébration, il ne lui sera pas demandé d’entonner un chant composé par André Gouze ? Dans « La Croix » du 7 mai, la mère de la victime, qui rend hommage au provincial des Dominicains, « extrêmement réactif et courageux », précise néanmoins : « L’idée que des chants de Gouze soient repris pour des baptêmes et des mariages, ça me rend malade. » Le respect dû aux victimes, directes ou non, de cet homme semble imposer l’effacement de son travail afin de ne pas faire ressurgir des souvenirs douloureux dans des moments favorisant en principe la communion et la paix intérieure.
Pierre FRANÇOIS
*des conférences et livres qui ne sont plus publiés au catalogue des éditions des Béatitudes ou de l’Emmanuel, mais dont on trouve encore certains ouvrages chez Saint Paul, Parole et silence, Fayard, Beauchesne, Sarment/Jubilé, Ad solem, Eska ; en tout 18 titres dont un en tant que co-auteur, un en tant qu’annotateur et un en tant que préfacier.

Photo : Les bâtiments conventuels de l’abbaye de Sylvanès, par Thérèse Gaigé, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons

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