Théâtre : « De Vers en verres ». De Corneille, Goldoni, Hugo, Marivaux, Molière, Musset, Racine, Rostand, Tchekhov… au théâtre Essaïon, à Paris.

Menu artistique.
C‘est jusqu’au 3 juillet, mais seulement le dimanche à 17 h 30. Il s’agit donc de ne pas se tromper de jour. De quoi s’agit-il ? D’un menu présenté aux spectateurs pendant qu’ils attendent pour retirer leurs places au guichet. Chacun choisit trois rubriques, qui composeront l’entrée, le plat et le dessert. La metteuse en scène assemble les extraits de celles qui ont été plébiscitées pour leur conférer une harmonie, notamment en soignant les évolutions des humeurs. Un guitariste introduit ces transitions dans l’oreille des spectateurs. Le tout se termine dehors, autour d’un verre de l’amitié.
Même dit ainsi, à gros traits, l’on subodore l’originalité du spectacle. Et l’on a bien raison. Car les extraits peuvent être populaires comme provenir d’œuvres classiques dont on ne connaissait pas même le titre. Qui a écrit, par exemple, « Le mot », ou « La Manie de la villégiature », ou encore « L’École des mères » ? Des auteurs célèbres, pourtant…
La troupe rend donc au passage justice à quelques passages oubliés, aussi éternels que soignés et doux à ouïr. Les comédiens peuvent jouer tous ces textes, sans distinction de sexe. Il est assez piquant, de ce point de vue, d’entendre au féminin la profession de foi de Dom Juan : « la constance n’est bonne que pour des ridicules, tous les Beaux ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée le premier, ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’ils ont tous sur nos cœurs. ». On est pris tant par le jeu que par les tirades. Il y a de quoi : le spectacle, qui existe depuis dix ans, s’est donné quatre saisons durant à la Comédie Nation avant d’arriver à l’Essaïon. C’est à chaque fois un défi dans la mesure où ces écrits sont rarement dans le même ordre et où la difficulté est de trouver immédiatement le bon ton, sans dialogue pour l’introduire. Mais les spectateurs en redemandent, ce qui est bon signe…
Pierre FRANÇOIS
« De Vers en verres ». De Corneille, Goldoni, Hugo, Marivaux, Molière, Musset, Racine, Rostand, Tchekhov… Mise en scène : Lætitia Leterrier. Avec, en alternance : Renaud Heine, Sylvia Maria Alves, Pierre Koch, Anne-Dorothée Lebard, François Lis, Julia Régule. Les dimanches à 17 h 30 jusqu’au 3 juillet 2022 au théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au lard (à l’angle du 24 rue du Renard), 75004 Paris, métro Hôtel-de-Ville, Rambuteau, Châtelet, tél. 01 42 78 46 42, essaionreservations@gmail.com, https://www.essaion-theatre.com/spectacle/951_de-vers-en-verres.html, http://deversenverres.com/

Photo : Pierre François.

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