« Le Tartuffe ou l’Imposteur », de Molière.

Réussi.
Un « Tartuffe » actualisé, cela court les rues. Était-il vraiment besoin d’ajouter des chants chorals de plusieurs époques, du grégorien au gospel*, pour faire comprendre que les faux dévots ont existé et existeront pour les siècles des siècles, amen ? Bof. Cela n’ajoute ni ne retire quoi que ce soit au talent des comédiens, ce qui est le principal.
Le parti pris de la mise en scène a été – et c’est très réussi – de mettre au centre des débats deux femmes : la servante Dorine en début de pièce, puis l’épouse Elmire. Toutes deux assurent parfaitement leurs rôles, les rendent tout à la fois crédibles et comiques (la scène de la table est particulièrement réussie, bien plus que celle du « pauvre homme »). Les rôles masculins – y compris Tartuffe – ne jouent plus que les utilités et cela fonctionne bien. Cette mise en scène montre combien Molière était en avance sur son temps.
Pierre FRANÇOIS
« Le Tartuffe ou l’Imposteur », de Molière. Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 heures jusqu’au 6 février au Théâtre Montansier à Versailles. Le 10 février au Centre des Bords de Marne (Le Perreux), les 16 et 17 à L’Azimut (Châtenay-Malabry), les 7 et 8 mars à la Scène Nationale d’Albi, le 18 au Théâtre Alexandre Dumas (Saint-Germain-en-Laye), le 22 au Théâtre la Colonne (Miramas), le 29 au Théâtre l’Olympia (Arcachon), le 1er avril au Théâtre de Suresnes Jean Vilar, le 2 au Théâtre Jean Arp (Clamart), le 5 à la Scène nationale du Grand Narbonne, les 7 et 8 au Théâtre Molière Sète Scène Nationale Archipel de Thau, les 12,13 et 14 au Théâtre de Nîmes, les 20,21 et 22 au Théâtres de la ville de Luxembourg, les 3, 4, 5, 6 et 7 mai au Théâtre du Jeu de Paume (Aix-en-Provence), le 10 à L’Équinoxe-scène nationale de Châteauroux, le 13 à L’Arsenal-Val de Reuil. Mise en scène : Yves Beaunesne. Avec : Nicolas Avinée, Noémie Gantier, Vincent Minne, Johanna Bonnet, Léonard Berthet-Rivière, Victoria Lewuillon, Benjamin Gazzeri-Guillet, Maria-Leena Junker, Maximin Marchand. Claviers : Hughes Maréchal. Dramaturgie : Marion Bernède. Scénographie : Damien Caille-Perret. Lumières : César Godefroy . Création musicale : Camille Rocailleux . Création costumes : Jean-Daniel Vuillermoz . Assistantes à la mise en scène : Pauline Buffet et Louise d’Ostuni . Chef de chant : Hughes Maréchal.

*Il y a un anachronisme à faire chanter du gospel, qui fut une époque de libération spirituelle pour la communauté afro-américaine alors que les télévangélistes actuels se sont depuis longtemps mis au goût du jour, du point de vue musical (https://www.youtube.com/watch?v=RjYy4ifp7tg), théologique (https://lafree.ch/federation/qu-est-ce-que-la-theologie-de-la-prosperite) et commercial (https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/2013/05/04/un-televangeliste-americain-rouen-une-venue-qui-fait-debat-245929.html).

Photo : Guy Delahaye.

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