Livre : « Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux (7).

Du point de vue du style, il utilise le régulièrement le « cut up », introduction sans transition (mais, de toute façon, son écriture ne s’y prête pas) dans son texte d’écrits d’autres auteurs, jusqu’à une recette de cuisine. C’est pour lui une façon d’être anarchiste, de néantiser le néant. Sa prose poétique trouve toujours sa source première dans le monde visuel, pas dans l’imaginaire (par exemple : « La langue est plongée dans le feu d’un lac de glacier ; métal pur sur la page blanche. »).
De son père, il a hérité ce constat : « j’ai tout quitté, l’infini me reste ». De ses dialogues – imaginaires ou réels, on ne le saura jamais même si certains passages sentent le vécu, dans la mesure où après avoir dit que tout est imaginé dans son roman, il prétend ensuite que tout y est vrai – il retient la double conviction que Jésus et pour lui « une porte ouverte sur l’océan » et que « Dieu existe, sans aucun scrupule ; j’existe, sans aucun complexe. ».
Ce roman est donc bien un traité de spiritualité, une tension douloureuse, cachée comme d’habitude derrière une forme poétique et provocatrice. Sans doute est-ce pour cela qu’il répète à l’envi qu’« il n’y a pas de fil rouge dans mon roman : mais une barre chauffée à blanc. ». La chaleur de la souffrance et la blancheur de l’illumination ?
Pierre FRANÇOIS
« Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux, ISBN 978-2-36371-167-0, 250 pages, 20 €.

Photo : Pierre François.

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