Livre : « Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux (5).

Cette dernière expression manifeste une des dimensions majeures de son livre : méditer sur l’existence immatérielle depuis un espace qui se situe à mi-chemin entre la folie et la mystique. Inutile de chercher dans son roman une chronologie ou un espace connus. Il y dialogue librement avec son lecteur, d’esprit à esprit, de tension vers l’infini à tension vers l’inconnu. Sans masque ni repère habituel. Il se situe dans le temps de l’éternité anticipée, sur le rocher de l’introspection. Ainsi n’est-on pas surpris de lire « Je suis au-dessus de la fin des temps, je vis dans une brèche nuageuse ensoleillée. » ou « Lecteur avide, je suis allé trois fois à Jérusalem ; nous y retournerons ensemble : mes cendres y ont été versées. » et « Ma vie commence à partir de mon retour de chez les morts – ainsi l’espace fermé de mon vécu se dilate en un lieu d’absolu – du coup, tout est ouvert et il n’y a plus dans mon livre ni première majuscule ni point final… ». Il est vrai que l’on peut le commencer par n’importe où (« Mon livre n’a ni brouillon ni empreinte ; tel le doigt traçant des signes sur le sable. J’efface tout ordre pour un désordre enferré par des crocs dorés. »), mais en seconde lecture seulement car, par exemple, sa tentative de présenter le catéchisme sous forme mathématique (passage que l’on trouve vers la fin) risque de faire abandonner tout désir d’entrer dans un univers qui est quand même spécial.
Pierre FRANÇOIS
« Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux, ISBN 978-2-36371-167-0, 250 pages, 20 €.

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Photo : Pierre François.

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