Livre : « Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux (4).

On s’interroge cependant quant aux clefs de lectures permettant d’appréhender ce récit sans début ni fin – « On peut ouvrir mon livre à n’importe quelle page. », dit-il – et qui se situe dans un réel au-delà de la réalité connue. Pourquoi enfin son texte est-il si marqué par le sexe et la drogue – « Alice, opiomane et tétraplégique, se fait faire des tournantes dans les geôles du palais par les soldats de carte de la Reine. », « Dans un hôtel de Montmartre, l’obèse Calliope, torchée à la B and B, ne peut ni éteindre ni retirer son godemiché électrique. », « À cause d’une querelle amoureuse entre gouines bourrées, nues sur un grand lit à baldaquin, avec des tessons de bouteille de Rock and Rye, Érato coupe la langue de Terpsichore qui lui crève les yeux. »… – alors que quand on lui tend une feuille comportant ses passages les plus marquants, il n’en indique aucun de cette espèce-là comme important ?
C’est sans doute la réponse à cette dernière question qui est la plus simple. « Je subis le nihilisme, mais n’y adhère pas », explique-t-il (et on note ici son changement d’attitude par rapport aux convictions qu’il affichait au tournant du siècle), « et je dois en passer par là à cause du modernisme, pour planter la croix de mes propres souffrances dans une église ». C’est là sa façon de désacraliser le nihilisme.
Pierre FRANÇOIS
« Le Chant de la merveille du monde », de Christian Ganachaud, aux éditions Pierre Guillaume de Roux, ISBN 978-2-36371-167-0, 250 pages, 20 €.

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Photo : Pierre François.

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