Théâtre musical : « Le Crime de l’orpheline » au Théâtre du Ranelagh, à Paris.

Cabaret tragique, par Michelle Agsène.
C’est une tragédie! Moquée, mais une véritable tragédie, du théâtre qui saute au cinéma muet en passant par l’opérette dans une clownerie d’époque. 1900, l’époque, mais aujourd’hui…  
Des trouvailles extraordinaires, des ruptures de rythme étonnantes, du suspense, des rebondissements incessants. On tourbillonne avec Alfred, Rodolphe, Joséphine et Jeannette Salvador sans une minute de repos. Une cadence d’enfer. On est spectateur et on l’oublie tant on se croit acteurs avec eux. On n’ose même pas les déranger de nos applaudissements tant c’est beau, gaillardement mené, et magnifiquement orchestré sans relâche par un pianiste virtuose : Philippe Brocard. Grande performance d’acteurs-chanteurs-clowns-danseurs Ils sont deux sur scène, pour quatre rôles aux antipodes… Ils se la jouent « Cabaret » et Charly Chaplin en alternance, dans la foulée, avec les pitreries comico-lyriques inépuisables de Flannan Obé et les drôleries gracieuses de Florence Andrieu. Mieux que du théâtre, c’est du cinéma « live », du ballet… et des voix. Celle, exquisement lyrique et cristalline de Florence Andrieu, et celle, au timbre inimitable, de Flannan Obé. Avec un entracte début 20ème siècle où l’on ne vous envoie pas boire un coup. C’est inutile, on n’a pas le temps d’avoir soif. Des magiciens sur scène : les mêmes, qui ne vous lâchent pas…
Des éclairages magiques d’ombres et de lumières qu’on doit à Philippe Sazerat.
Des décors verticalisés très originaux de Casilda Desazars dignes d’un opéra, qui offrent une perspective étonnante. Un habile carrousel de costumes d’Eymeric François. Dans une mise en scène ébouriffante de Philippe Lelièvre, assisté de Marcela Makarova. Un chef d’œuvre du genre. Mais de quel genre ? De tous les genres scéniques. Un spectacle parti pour l’international comme on n’en voit plus. Comme on n’en a peut-être jamais vu. Il faut y courir.   
Michelle AGSENE
« Le Crime de l'orpheline », Grand guignol musical de Florence Andrieu, Flannan Obé et Philippe Brocard. Avec les mêmes sur scène. Philippe Brocard est en alternance au piano avec Delphine Dussaux. Et la complicité magique de Pierre-Marie Lazaroo. Durée : 1h20mn.
Du mardi au samedi à 20h30 et dimanche à 17h. Du 1er avril au 18 juin 2016 (relâches les 12 et 30 avril / 1er, 20, 24 et 299 mai / 11 juin)  Au théâtre du Ranelagh, 5 rue des vignes – 75016 PARIS . Métro La Muette // Passy RER C Boulainvillers // Kennedy Radio France. Parkings 19 et 80 rue de Passy // 7 av. du Président Kennedy

Photo : Marie-Clémence David.

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