Pèlerinage breton.
Le Tro Breiz est ce pèlerinage circulaire qui consiste à relier les sept évêchés bretons : Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol de Bretagne, Vannes et Quimper. Peu importe où l’on commence cette démarche du moment que l’on boucle l’itinéraire. Cette notion de boucle, que l’on retrouve dans les troménies, est inspirée, comme la dévotion à sainte Anne ou la pratique des chapelles proches des fontaines, de rites païens antérieurs. D’aucuns pensent même qu’une troménie comme celle de Locronan aurait des origines liturgiques dans l’Égypte ancienne (1).
Mais qu’importe. Aujourd’hui, comme pour Compostelle, chacun trouve en lui ou en elle les raisons qui font chercher – Dieu, soi, la beauté des paysages, le fait de mettre ses pas dans ceux qui nous ont précédés, etc. – en marchant.
Libérés du langage symbolique qui sous-tend l’itinéraire officiel (notamment la présence en plusieurs endroits du parcours de groupes de sept saints, mais pas ceux des évêchés fondateurs de la Bretagne), certains y ajoutent les étapes de Rennes et Nantes. Et pourquoi pas le mont Saint-Michel, juste à côté de Dol-de-Bretagne ?
D’autres, au contraire, ont à cœur de reconstituer le chemin historique (2) et sont émus – entre Tréguier et Lannion, par exemple – de fouler l’itinéraire sur lequel des pèlerins ont croisé saint Yves (3).
En fait, comme pour Compostelle et de tous temps, il y a autant d’itinéraires et de moyens de transport que de pèlerins.
Pour les adeptes de l’introspection solitaire et du vélo plutôt que des semelles en compagnie, il existe le site (4) d’un pèlerin au long cours qui donne des renseignements très concrets – il l’a fait et en tire les enseignements –, plus en termes d’équipement, d’entraînement et de régime alimentaire que de précision dans les itinéraires. Cette dernière peut être trouvée sur d’autres sites (5), mais qui semblent privilégier l’exploit sportif et l’adaptation du chemin au vélo tout terrain que l’inverse.
Pour ceux qui veulent se rapprocher des itinéraires traditionnels les plus probables, il existe https://tro.bzh/index.html, qui indique des hébergements économiques et publie des cartes papier en plus des traces GPS, lesquelles ont l’avantage de pouvoir être lues même dans les zones de mauvaise couverture téléphonique. Ce site a aussi la bonne idée de mentionner l’association des Chemins du Tro Breiz (6), qui a relancé le pèlerinage dans les années 90, ainsi que l’existence du site Mon Tro Breizh (7), qui signale les professionnels de la restauration et de l’hébergement que l’on peut trouver au long du parcours.
Sachant qu’un pèlerinage se fait trois fois – une première fois en le préparant, la seconde en l’empruntant et la troisième en le racontant –, il ne reste plus à chacun qu’à concevoir son propre itinéraire et à emporter, pour les cyclistes, en plus du nécessaire du randonneur, quelques clefs plates et Allen, une à molette, des patins de frein de rechange et un nécessaire à crevaison. Ou à s’inscrire – vite – au Tro Breiz 26 organisé par Les chemins du Tro Breiz du 2 au 8 août entre Vannes et Quimper (8), qui offre à la fois un itinéraire piéton et un autre pour les vélos.
Guy L’ERMITE
2 https://tro.bzh/chemin-historique/index.html
3 https://journals.openedition.org/abpo/6843#tocto2n3 (paragraphe 36)
4 https://saint-jacques-compostelle-bretagne.fr/gravel-tro-breizh/
5 https://www.komoot.com/fr-fr/collection/1344842/le-pelerinage-aux-sept-saints-le-tro-breizh-revisite, https://www.komoot.com/fr-fr/tour/546873319, https://fr.wikiloc.com/itineraires-gravel-bike/gravel-tro-breizh-parcours-complet-24710316,
6 https://trobreiz.bzh/pourquoi-faire-le-trobreiz/
7 https://www.montrobreizh.bzh/fr/mon-tro-breizh-le-tour-de-bretagne-a-pied-itineraire-officiel/
8 https://trobreiz.bzh/adhesion-inscription/
Photo : Pierre François.
