Poésies vivantes.
[poíēsis] est un titre trompeur. L’on s’imagine arriver dans un récital et on se retrouve face à un spectacle total. Avec pourtant une simplicité de moyens désarmante. Pas de projecteurs, on est dans une salle de classe allumée comme d’habitude. Pas de décor, mais des post-it et des feuilles volantes au format A4. Pas de costume autre que le pantalon et le tee-shirt de n’importe qui. Pas de régie, mais une enceinte portative brandie à bout de bras.
Pas de mise en scène ? Cela, c’est à voir. Car il y a un vrai choix de présentation du spectacle : les yeux dans les yeux avec les spectateurs et en mouvement perpétuel.
Quant au texte, c’est un pot-pourri d’auteurs de toutes les époques. Le plus étonnant étant que l’on ne s’en aperçoit pas. En effet, la diction est telle que l’on croit – sauf exception – à un dialogue entre les deux comédiens. Que l’on a à cœur de suivre, d’autant plus qu’il n’y a aucun temps mort.
Ils nous embarquent avec vivacité à travers les sensations et émotions éternelles de l’humanité, ce qui donne une dimension très actuelle à des passages vieux de plusieurs siècles ou provenant de latitudes exotiques. On ne voit pas le temps passer. On est ébloui en même temps que l’on se laisse interroger par leurs propos.
Pierre FRANÇOIS
[poíēsis], textes de poètes du 16ᵉ au 21ᵉ siècle. Mise en scène et avec Jérémie Sonntag et Florian Goetz. À partir de 12 ans. Compagnie Les arpenteurs de l’invisible.
Du 6 au 23 juillet 2026 à 11 h 30 au 11.Avignon, Espaces Mistral, dans le cadre du festival off. Relâches les 10 et 17 juillet.

