Théâtre : Le voyage de Molière, de Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre au Théâtre du Lucernaire, à Paris.

Du théâtre au théâtre pour le théâtre.

Pour dépeindre la vie de Molière et l’unicité éternelle de son théâtre, Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre utilisent le méta théâtre. La genèse de leur idée consistait à écrire une déclaration d’amour au théâtre en mettant en scène la vie de Molière avant son arrivée à Versailles.
Voici Le voyage de Molière et celui de Léo. Jeune étudiant en médecine passionné de théâtre entraîné dans un retour dans le temps. Pour ce faire, un plateau tournant comme la roue de la vie l’emporte sur les routes du théâtre de tréteaux dont le matériel est transporté par la troupe.
Un décor au service des comédiennes et des comédiens remplis d’amour artistique communicatif. Tous et toutes nous donnent sur les planches chaque soir leurs joies et talents. Que cela soit à travers les codes du théâtre français, italien, contemporain ou classique. Grâce à cet engagement scénique, la parole est directement adressée au public. La population fait partie du débat public depuis la création de la cité et du théâtre. Alors, la frontière entre les voix des interprètes et celles des personnages s’efface et le rôle du public prend tout son sens.
Cette création théâtrale est une occasion de découvrir la vie de Molière ainsi que les codes et enjeux de son théâtre soumis aux pouvoirs monarchiques et ecclésiastiques. La mise en abyme permet de faire parler les personnages autant que les interprètes. Comme un cours auquel nous assistons, elle permet de déceler une palette de leçons allant des codes comiques au rôle politique de l’acte théâtral qui est mis sur son piédestal.
De ce fait, la pièce s’allie à ces créations pédagogiques sur l’importance et l’intemporalité de l’art dans une société. Qu’il soit un reflet du monde pour une réflexion collective ou bien l’outil d’une vie pour une quête dévolution individuelle.
Le jeune Léo, autant inscrit dans le monde actuel que celui du dix-septième siècle, sert de passerelle d’identification au public. Ce qu’on lui dit, on nous le dit aussi : « Remplace la peur de mal faire par l’envie de bien faire ».

Maëlle NOUGARET
Le voyage de Molière, de Pierre-Olivier Scotto et Jean-Philippe Daguerre. Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre. Avec Grégoire Bourbier ou François Raffenaud, Stéphane Dauch, Violette Erhart, Mathilde Hennekinne, Charlotte Matzneff ou Floriane Vincent, Teddy Mélis ou Michaël Giorno-Cohen, Geoffrey Palisse et Charlotte Ruby ou Giulia De Sia. Du mardi au samedi à 19 heures, dimanche à 16 heures jusqu’au 8 janvier au Théâtre du Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris, tél. 01 45 44 57 34, https://www.lucernaire.fr/theatre/le-voyage-de-moliere/

Photo : Stéphane Aubran.

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