Théâtre : « Je vous écris dans le noir », d’après le roman de Jean-Luc Seigle au Théâtre de l’opprimé, à Paris, puis au théâtre El Duende d’Ivry-sur-Seine le 17 février et dans le festival off d’Avignon en juillet.

Nature humaine.
« Je vous écris dans le noir » est une pièce d’autant plus sombre qu’elle nous raconte sans détours une histoire vraie : la vie d’une fille prostituée par son père, violée à la Libération. Amoureuse jusqu’à commettre l’irréparable. Le jeu de la comédienne se situe dans un entre-deux entre récit distancié et confidence, ce qui lui confère une authenticité – mais aussi un poids – remarquables. La musique pose régulièrement les atmosphères, et il ne lui reste plus qu’à donner les détails. Crus. Avec une sincérité qui nous saisit du début à la fin de ce monologue. Les lumières accompagnent ces ambiances en les réchauffant du soleil marocain.
De ce qui fut un des grands procès criminels de l’après-guerre, il demeure, une fois dégagées les scories propres à l’époque, une interrogation sur la nature humaine, la bonne conscience, l’humiliation et la volonté de croire à la vie. Si l’intéressée a définitivement donné sa réponse, il reste à chaque spectateur à construire la sienne jour après jour…
Pierre FRANÇOIS
« Je vous écris dans le noir », d’après le roman de Jean-Luc Seigle. Adaptation : Evelyne Loew. Mise en scène : Gilles Nicolas et Sylvie van Cleven. Avec Sylvie van Cleven. Musique : Philippe Mion. Lumières : Lucie Joliot. Au Théâtre de l’opprimé, à Paris, puis au théâtre El Duende d’Ivry-sur-Seine le 17 février et dans le festival off d’Avignon en juillet.

Photo : Pierre François.

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