« Céleste, fresque circassienne et marionnettique », de Geneviève de Kermabon au Théâtre du soleil (petite salle), à Paris.

Magie tranquille.
Il est rare que la personne qui crée un spectacle en donne la définition la plus juste : son bébé est forcément le plus beau. C’est pourtant le cas avec Geneviève de Kermabon quand elle parle de « Céleste » comme de « cette chose étrange que vous avez vue ».
Étrange, mais aussi attachante, toute empreinte qu’elle est d’une magie indéfinissable et tendre. Car la tendresse est ce qui définit le mieux cette fresque du monde circassien, même lorsque ce dernier est critiqué.
Les animaux sont – car elle parle ici beaucoup des cirques de campagne disparus – en bois et l’on s’y croit. Comme quoi, l’évocation suffit bien pour éveiller les émotions. Parfois sous la simple apparence d’ombre chinoise, ils ne font pas moins rire.
Car l’on rit souvent dans ce spectacle qui narre l’éducation, les émois et les amours d’une circassienne. Autodérision ? Qui sait ? Car celle qui signe ce spectacle fut elle-même acrobate et trapéziste.
On entre dans ce spectacle avant même d’avoir renoncé à le ranger dans une catégorie connue. Parce que ce qui le constitue, c’est autant ce qui y est montré (des musiques renforçant les éléments comiques, une danse-robot, une poupée géante, des acrobaties, des marionnettes quasiment vivantes, une histoire…) que les sentiments qu’il exprime en creux, au premier rang desquels une générosité si communicative que lorsqu’elle fait applaudir les techniciens, ces derniers sont autant ovationnés que l’équipe en piste.
Oui, cette magie tranquille et étrange est inclassable, et c’est ce qui fait son charme.
Pierre FRANÇOIS
« Céleste, fresque circassienne et marionnettique », de Geneviève de Kermabon. Avec, sur la piste, Joe Sheridan, G. de Kermabon, Simon Martin ; et en coulisse Laurence Forbin (scénographie, costumes), Stéphane Leach et Pierre Ragu (musique originale), Célio Ménard (éclairagiste, régisseur), Olivier Sion (constructeur bestiaire), Patrick Vilet (film, chanteur lyrique). Du jeudi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures jusqu’au 19 décembre à la petite salle du Théâtre du soleil (en contrebas de la Tempête), Cartoucherie, route du champ de manœuvre, 75012 Paris.

Photo : Christophe Raynaud de Lage.

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