Théâtre : « Histoire(s) de France », de et mis en scène par Amine Adjina en tournée.

Le sens de l’Histoire.
« Histoire(s) de France » est une pièce qui s’adresse prioritairement aux collégiens, mais qui émeut aussi leurs parents. Le s du titre, quoi qu’entre parenthèses, est important : il s’agit bien plus de la relecture de quelques épisodes de notre histoire que d’un récit linéaire ou de la restitution de ce que nous enseignent les livres.
Les trois personnages sur scène font partie d’une classe dans laquelle l’enseignante a constitué des groupes pour raconter à leur façon des épisodes marquants. Chacun, du moins au début, est bien caractérisé (sans être caricaturé) : la fille est rebelle et mûre, un des garçons est d’une famille qui vient du Maghreb et l’autre, français de souche, n’arrive pas à sortir de ses stéréotypes. Il veut, par exemple, prendre le rôle du vainqueur, Jules César, et refuse que Vercingétorix soit joué par une fille. Puis c’est le second garçon qui se demande comment son père réagirait s’il savait que, pour incarner Marie-Antoinette, il se maquille.
La troupe se rend régulièrement dans les écoles et collèges pour y parler du sujet. On n’est donc surpris ni du contenu de la déclaration des droits de l’élève ni par le succès qu’elle rencontre auprès de jeunes spectateurs qui applaudissent généreusement les mots dont ils sont en fait les auteurs. Le dernier épisode mis en scène par ces élèves qui flirtent avec des débats souvent passionnels – la colonisation, le féminisme ou les pratiques réservées à tel ou tel sexe – est particulièrement bien trouvé et touchant.
Le jeu, mais c’est autant le public visé que les personnages incarnés qui le veulent, semble plus appuyé que normalement, sans cependant égratigner la crédibilité des personnages : les vrais collégiens crient au moins autant que ceux qui sont incarnés sur scène. Le rythme se révèle bon et les effets comiques, réguliers, font office de canaux pour transmettre les messages. Le texte est vivant et les situations décrites révèlent un sens aigu de l’observation… Bref, on est devant un spectacle efficace et prêt à prendre le pari que la tournée va se poursuivre l’an prochain.
Pierre FRANÇOIS
« Histoire(s) de France », de et mis en scène par Amine Adjina. Avec Mathias Bentahar, RomainDutheil, Emilie Prévosteau. Voix : Kader Kada. Du 16 au 18 février au Théâtre Jean Vilar de Montpellier, du 7 au 10 mars au Tangram d’Evreux-Louviers, les 21 et 22 mars à l’Agora-Desnos d’Evry, du 6 au 16 avril au Théâtre 13 de Paris, les 28 et 29 avril au Grand bleu de Lille.

Photo : Géraldine Aresteanu.

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