Théâtre, cirque : « Klesudra » au Grand Parquet à Paris.

« Klesudra » se présente comme un spectacle de « cirque actuel ». Comprenez : sans animaux ni mise en danger, imaginatif et fondé principalement sur des numéros de jonglage et marionnette. L'eau est certes présente et mise en valeur mais de là à dire, comme le dossier de presse, qu'elle est un des personnages du spectacle, il y a un pas qu'on ne franchit pas.

On est ébloui par la précision de la scène introductive. Elle montre une marionnette de taille humaine dont la tête est manœuvrée de derrière par une femme et dont les bras sont ceux de deux hommes, chacun enfilant un membre dans la manche se trouvant de son côté. On imagine la coordination nécessaire pour arriver à se lancer une balle de droite à gauche, et on ne dit rien de l'évolution de cette séquence avec plusieurs éléments.

Concernant le jonglage de boules blanches se trouvant dans un tas de sable, l'émerveillement concerne plutôt la beauté donnée à un geste finalement assez connu. Il y a là une véritable recherche esthétique – de même que dans la répétition de la même idée avec de l'eau – qui fascine par l'apparente simplicité du procédé pour un résultat spectaculaire.

On ne dira rien de la façon dont on peut jongler à l'aide d'éventails, c'est tellement plus beau quand on découvre soi-même un procédé original… Soulignons néanmoins combien les déplacements sont discrètement chorégraphiés. Pas de dialogue enfin dans cette représentation, seulement quelques borborygmes – parfaitement significatifs d'ailleurs – et une musique qui contribue à créer une ambiance poétique de bon aloi. Il y a sûrement des troupes techniquement plus précises, mais il y a ici une imagination, une beauté et une légèreté qui méritent le détour.

Pierre FRANÇOIS

« Klesudra, ou celui qui vole l'eau », par la Compagnie Les Frères Kazamaroffs. Jongleur, manipulateur d'objets : Gérard Clarté. Musicienne : Corinne Chevauché. Comédien, musicien : Matthieu Rauchvarger. Mise en scène : Mathieu Desfemmes. Auteur : Gérard Clarté, Corinne Chevauché. Du jeudi au samedi à 20 heures, dimanche à 15 heures, les 11 et 18 décembre à 14 heures jusqu'au 21 décembre au Grand parquet, 35, Rue d'Aubervilliers (sur le trottoir à côté du jardin d'Eole), 75018 Paris, tél. : 01 40 05 01 50. http://www.legrandparquet.net/

Photo : Régis Durand de Girard.

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