Nouvel émoi.
« L’Affaire Dussaert » est une pièce dont on se souvient – avec émerveillement – encore vingt ans après. Et assez précisément pour se rendre compte que la fin a été un peu modifiée. Elle reprend à Paris, après avoir été jouée plus de neuf cents fois à Avignon et en province, depuis 2002. Le croirait-on ? On la retrouve avec un plaisir neuf, alors pourtant que l’on en connaît déjà la clef. Car cette pièce recèle une surprise, et de taille, qui multiplie le plaisir que l’on a à écouter ce conférencier parler avec autant d’aisance que de spontanéité au sujet d’une affaire vite mise sous le tapis – et pour cause ! – qui secoua le tout petit monde de l’art contemporain, avec une incidence politique.
Cette conférence nous dévoile les enjeux de l’acte artistique au cours du XXᵉ siècle et comment Alphonse Allais, Klein et, avant eux, le visionnaire Delacroix influèrent ou pressentirent la direction – ou le précipice – vers lequel se dirigeait l’art pictural. Elle nous montre également l’apport majeur des mécènes et galeristes, qui peuvent faire ou défaire la carrière d’un artiste. Le tout est enseigné avec un esprit d’à-propos et des saillies spirituelles qui ont pour résultat des gloussements aussi réguliers que fréquents dans les rangs du fond. Mais voir une telle réussite – qui a remporté le prix Philippe Avron de la Fédération des festivals d’humour – mérite bien ce sacrifice auditif.
Pierre FRANÇOIS
« L’Affaire Dussaert », de et par Jacques Mougenot. Mercredi et jeudi à 19 h, dimanche à 18 h jusqu’au 17 janvier au théâtre Essaïon, 6, rue Pierre au lard (derrière Beaubourg). Tél. : 01 42 78 46 42. www.essaion.com. Prix Philippe Avron 2011 décerné par la Fédération des festivals d’humour et la SACD, Prix du public au festival de Dax 2007, Prix du festival d’humour de Rio de Janeiro 2017.
Photo : Pierre François.


