Théâtre : Suzanne Valadon, de Françoise Taillandier au théâtre Le Guichet Montparnasse, à Paris.

« Je veux tout voir ! Même l’horreur ! »
Le 7 avril 1938, Suzanne Valadon meurt. Née Marie-Clémentine Valadon le 23 septembre 1865, elle est assise soixante-douze ans plus tard dans son fauteuil rouge. Avec un piano en fond de scène, des tabourets, une desserte et une oreille aimante à l’écoute, elle nous raconte son histoire.
Et nous sommes peu à la connaître. C’est d’ailleurs pourquoi cette pièce de théâtre a été écrite. Françoise Taillandier est toujours à l’affût de nouvelles découvertes historiques. Pour elle et pour les partager. Après avoir entendu parler de Suzanne Valadon à la radio, elle prend un plaisir évident à donner naissance au projet théâtral éponyme. Elle explique : « Selon les auteurs, les récits offrent des versions parfois différentes d’un même évènement… il m’a fallu choisir … »
Depuis son arrivée à Paris en 1871, Souvent seule et refusant l’autorité, Suzanne dessine. C’est une jeune femme curieuse : « Je veux tout voir ! Même l’horreur ! ». Durant La Commune, elle veut voir le crime et le sang. Sa forte personnalité s’esquisse de plus en plus rapidement depuis ses débuts parisiens. Elle est de ces artistes femmes trop peu reconnues dans l’Histoire, mais dont le talent est certain. Son destin se trace dans les pas des grands artistes de son époque. Et elle le fait coexister avec celui de son fils né lors de ses vingt-deux ans.
Suzanne Valadon à défaut de devenir acrobate de cirque, est une artiste post-impressionniste. C’est une femme traversant les jalousies maladives de ses amants. L’un d’eux, Erik Satie, disait « Il n’y a que le vent glacial dans la tête (…) et de la tristesse dans le cœur ».
Françoise Taillandier et Samuel Beydon illustrent les différentes vies de Madame Valadon. À travers ses périodes de créations, ses différents déménagements, sa relation avec son fils, la Closerie des lilas ou les expositions et salons d’art. Aidées d’un piano pour Samuel Beydon, d’une scénographie minimaliste, d’un jeu sincère et profond, les magnificences des œuvres de l’artiste et la force de cette femme n’en sont que démultipliées.
Maëlle NOUGARET
Suzanne Valadon avec Françoise Taillandier et Samuel Beydon. Mise en scène Hélène Darche jusqu’au 22 décembre au théâtre Le Guichet Montparnasse.

Photo

Photo : Bénédicte Koryatis.

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