Livres : « Pour en finir avec la mort », de Jean-Luc Jeener.

Serein.
Jean-Luc Jeener est un homme de passion et de sincérité. Que l'on soit d'accord ou non avec ses opinions ou ses mises en scène, on sait d'emblée qu'il est d'une parfaite honnêteté intellectuelle. C'est pourquoi il est possible d'écrire que ceux qui lui reprochent d'être à la fois critique et metteur en scène (entre autres…) lui font un bien mauvais procès, n'osant se plaindre d'une écriture qui a la réputation de ne connaître que l'encensement ou l'assassinat.
Dans son précédent ouvrage (« Pour en finir avec la critique dramatique »), on sentait la blessure qui le rongeait derrière l'exposé des servitudes et grandeur de ce métier merveilleux qui nous met en contact permanent avec la création, laquelle nous revivifie jour après jour malgré les peines et déceptions qui alternent avec les émerveillements.
En voyant arriver « Pour en finir avec la mort », on se pose la question du rapport avec la vie artistique. Sauf qu'il renoue ici de façon très profonde avec sa foi. Ce livre explore tous les visages de l'étape ultime, du passage d'un monde connu dans celui à découvrir. On peut – comme d'habitude – être d'accord ou non, mais on doit lui concéder une sincérité encore plus radicale que d'habitude – proche parfois de la confession – ainsi qu'une cohérence absolue dans ses déductions et infirmations. Dans cet ouvrage, on ressent également une grande sérénité, ce qui reste paradoxal s'agissant de traiter de sujets tels que l'enfer, la peine de mort, le suicide, l'euthanasie, le sacrifice de sa vie, l'Inquisition, la promesse de Satan à Ève ou le transhumanisme…
Plus encore, l'auteur ouvre dans son livre une fenêtre vers l'espérance. Au point qu'il en vient à écrire qu'« à ceux qui parlent espérance de vie, il faut répondre espérance de vie véritable. À ceux qui parlent de vaincre la mort, il faut répondre qu'elle est déjà vaincue par le Christ. À ceux qui parlent de bonheur sur la terre, il faut répondre bonheur au ciel. À ceux qui parlent de durée, il faut répondre temps de Dieu, éternité de Dieu… À ceux qui ont peur de mourir, il faut dire qu'il y a une mort dans la vie qui est plus terrible encore, et que, plus cette vie durera, plus ce risque de mort sera grand. ». Tout cela sans jamais nier la souffrance ou le respect dû à la volonté d'autrui, tout en ayant parfaitement conscience que ses propos sont folie pour les incroyants ou agnostiques, dont il salue au passage l'abnégation lorsqu'ils sont capables de se sacrifier sans compter sur la perspective d'un au-delà.
Du grand Jeener…
Pierre FRANÇOIS
« Pour en finir avec la mort », de Jean-Luc Jeener. Éditions Atlande. ISBN 978-2-35030-557-8.

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