Théâtre : « Le Bord », d’Edward Bond au Théâtre de l’épée de bois, Cartoucherie, à Paris.

Exclus.
Dire qu’Edward Bond est un auteur pessimiste est une sacrée litote. Écrire qu’il est lucide sur la société de son temps est aussi exact que prétendre que la dépression n’est jamais qu’un excès de lucidité. 
« Le Bord » est la confrontation de trois êtres qui, chacun mis face à une réalité dure, vont extrapoler dans le sens le plus défaitiste. Trois êtres blessés que la vie a menés à la défiance, même lorsqu’ils s’aiment. La mère, veuve, voit un fils qui part loin. Le fils voit dans le regard de sa mère sur elle la recherche des ressemblances avec son père. Et l’étranger a eu la tête dérangée par une société dont il veut se venger.
Tous ces personnages sont criants de vérité, dès la première seconde. L’ambiance de défiance généralisée s’installe immédiatement. Une spirale infernale se met en place sans qu’on y trouve d’issue, jusqu’au moment où… Au moment où on n’y croit plus depuis longtemps arrive une forme de rédemption. Ténue, discrète, mais aussi réelle que les tensions d’avant l’étaient.
Cette pièce est magnifique, à condition d’accepter de passer par l’épreuve de la représentation de l’absurdité et de la cruauté d’un monde qui est bien le nôtre, hélas.
Pierre FRANCOIS
« Le Bord », d’Edward Bond. Traduction et mise en scène : Jérôme Hankins. Avec Françoise Gazio, Yves Gourvil, Hermès Landu. Du lundi au vendredi à 20 h 30, samedi à 16 heures et 20 h 30 jusqu’au 30 juin au Théâtre de l’épée de bois, Cartoucherie, route du champ de manœuvre, 75012 Paris, tél. 01 48 08 39 74.

Photo : Pierre Francois.

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