Livre : Introduction (4/7) au « Théâtre complet, tome I : théâtre d’encre » de Claude-Henri Rocquet.

Méditation féconde.
Parallèlement, le personnage de théâtre (comme le sujet représenté sur la toile) prend vie au-delà des contingences et traits de caractère de l'auteur comme du comédien. Le personnage ne s'incline que devant le dieu qui a pour nom beauté tandis qu'interprètes et géniteurs doivent accepter de disparaître à son profit, de se sacrifier humblement. Écrire, dans cette perspective, est un acte de méditation destiné à « dissiper un peu en soi l'obscurité » avant de devenir, lorsque l'auteur mûrit, l'écoute de celui qui est au plus profond de soi à l'insu de soi. Autrement dit, une démarche proche de la prière, ou au moins de la méditation. Mais qui est complétée par un désir de partage. « Exposer, pour le peintre, est surtout le moyen d'approfondir son œuvre, grâce au regard d'autrui ». Et si, d'après les dires d'un peintre, « il y a certains regards qui vous flanquent un tableau par terre », l'auteur, lui, « attend, d'un esprit, l'attestation que son œuvre existe ». Car son récit reste une suite de signes codés tant qu'un imaginaire ne se l'est pas approprié.
Pierre FRANÇOIS
* « Théâtre complet, tome I : théâtre d’encre », Claude-Henri Rocquet, aux éditions éoliennes, 300 pages, 26 €, ISBN 978-2-911991-98-1 (fichiers numériques) ou 978-2-911991-99-8 (impression à la demande). On est sûr de trouver cet ouvrage à la Librairie Busser, rue Monge, à Paris.
(à suivre)

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