Théâtre : « Comtesse de Ségur née Rostopchine », de Joëlle Fossier, au Studio Hébertot , à Paris.

Le charme de la grand-mère, par Camille Lextray.
Comment savoir ce qui se passe dans la tête d’un écrivain ? Comment se rendre compte à quel point sa vie a pu impacter son œuvre ? Bérengère Dautun nous propose de répondre à cette question en nous livrant les secrets de la vie de la Comtesse de Ségur. Chacun a dévoré Les Malheurs de Sophie en livre, ou de manière plus moderne en dessin animé. Cependant, rares sont ceux qui connaissent l’origine de ces récits. La Comtesse de Ségur était russe et sa mère a directement inspiré le personnage de la marâtre qui terrorise Sophie. Elle abat le quatrième mur censé séparer la salle de la scène et s’adresse directement à nous pour nous raconter cette histoire, son histoire. Ce « seul en scène » se présente sous la forme d’une histoire de grand-mère, le charme résidant dans le fait que la grand-mère qui nous raconte sa vie, sa jeunesse, est pour le moins connue et qu’elle a elle-même bercé nos enfances. La Comtesse ne nous apparaît pas comme une petite mamie, mais comme une grande dame de son temps avec un fort caractère. Elle n’hésite d’ailleurs pas à donner son point de vue sur notre époque. Cette opinion parait réactionnaire, mais relate fidèlement l’esprit de son siècle. Chacun a pu se dire que sa mamie ne saisissait rien aux nouveaux modes de vie de la jeunesse, qu’elle lui trouvait pleins de défauts injustifiés et que son avis était dépassé. Imaginez donc une grand-mère du XIXsiècle qui verrait la jeunesse d’aujourd’hui avec ses smartphones et son dialecte obscur. La confrontation de ces deux mondes est violente. Mais comme pour toutes les mamies, on s’attache à ses récits et ses morales sur la vie, et même les petites piques deviennent des composantes essentielles de l’amour qu’on lui porte. C'est aussi pour cela qu'on l'aime, elle nous permet de nous rendre compte du chemin parcouru et parfois de nous remettre en question. 
Camille Lextray
« Comtesse de Ségur née Rostopchine », de Joëlle Fossier. Avec : Bérengère Dautun. Mise en scène : Pascal Vitiello. Son : Sylvain Denis. Lumière : Jérémy Izad. Production : Compagnie Titan – Bérengère Dautun. Du mardi au samedi à 19 heures et le dimanche à 17 heures au Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles 75017, tél. : 01.42.93.13.04, www.studiohebertot.com

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