Théâtre : « l’Entorse », d’Andras Fenris, Hélène Laurca et Alain Hauperpin aux Feux de la rampe, à Paris.

Comique et sérieux.
« L’Entorse » est une pièce qui fait penser aux romans de Christian Ganachaud : derrière un propos et un style d’apparence superficiels, elle délivre un certain nombre de messages de fond et positifs.
Au départ, il y a le livre de Michel Odoul « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi ». Un des co-auteurs – Andras Fenris –  le lit, en parle à l’équipe, crée les personnages et les liens qui les unissent. Puis Hélène Laurca imagine la problématique de chacun des membres de cette famille élargie. Enfin Alain Hauperpin a l’idée de les enfermer dans un huis-clos, qui a pour cadre une émission de télé-réalité. Au bout d’un an et demi de travail, la pièce est prête à être jouée.
Cela donne une jeune fille et ses deux parents, chacun d’entre eux ayant un ou une amie de jeunesse. Et comme tout ce monde est réuni sur le plateau d’une émission de télévision, une animatrice les chapeaute. 
Cette dernière est plutôt dans le rôle de la maîtresse du jeu tendance psychologie de Prisunic tandis que l’ami du mari est de l’école taoïste. Il établit notamment une distinction entre notre nature profonde – qui devrait tenir les rênes de notre destin – et ce que notre mental a appris à édifier – et croit devoir pérenniser – pour survivre.
Bien entendu, le couple est au bord de l’explosion, la fille en souffre et le mari a commencé à compenser son mal-être avec l’amie de sa femme tandis que cette dernière reçoit les conseils intéressés de cette dernière. Le huis-clos sert de catalyseur pour amorcer la crise, la prise de conscience. On n’est pas loin du vaudeville, et pourtant… Derrière un style qui évoque le cabaret, voire parfois la comédie musicale, le propos est vif, oral et surtout juste. Le jeu, notamment celui d’Alex et d’Eva, les deux amis du couple, est très convaincant. Cela ne signifie pas que les autres le soient moins, ils sont seulement dans une autre perspective, celle qui met en valeur le côté comique de la pièce. Tout ce qui est dit a pu être entendu – ou au moins pensé – par chacun d’entre nous dans les termes mêmes où on l’entend. Ce sont ces échanges si authentiques (« – [il était] Un homme parfait ! – Oui, à l’époque… »), sur un ton qui déclenche le rire, qui servent de vecteurs à des propositions positives. Au spectateur de choisir par laquelle in va se laisser toucher. Car la grande leçon de la pièce est que notre vie nous pèse tant qu’on la subit et qu’elle devient épanouissante dès que nous la créons. Pour cela, il faut surmonter l’étape durant laquelle on est tenté de dire « je n’y suis pour rien, ce n’est pas ma faute, je me sens mal ». Et accepter avec bienveillance que parfois nous pouvons être « lâche, comme tout un chacun quand une décision est trop difficile à prendre ». On le sens à travers une telle réplique, le maître mot du spectacle est effectivement la bienveillance, subtilement soulignée par un discret accompagnement à la guitare. 
Pierre FRANÇOIS
« l’Entorse », d’Andras Fenris, Hélène Laurca et Alain Hauperpin. Avec Carole Brossais, Laurent Themans, Hélène Laurca, Alain Hauperpin, Célia Clayre, Laurence Bret. Mise en scène : Laurent Themans. Dimanche à 16 heures, lundi à 19 h 45 jusqu’au 27 juin au théâtre les feux de la rampe, 34, rue Richer, 75009 Paris, métro Grands-boulevards, tél. 01 42 46 26 19, reservation.lesfeuxdelarampe@gmail.com, www.theatre-lesfeuxdelarampe.com. Pour voir un extrait : www.ciedelafortune.com

Parentés


La perspective consistant à se regarder avec bienveillance est-elle si éloignée que cela de l’attitude chrétienne qui consiste à dire avec le psaume 139 « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. » ?
Et les questions du Christ à ses interlocuteurs ne sont-elles pas là pour nous aider à nous trouver – nous, passager de la calèche taoïste qui finit par être entraîné là où il ne veut pas par ses émotions-cocher(1) – pour notre plus grand bonheur et le service le plus efficace de la collectivité ? Vérifions. Dans l’Evangile de saint Matthieu, à partir d’une recension très rapide d’un total de 39 questions commençant par qui, comment ou pourquoi, les polémiques sont en nette minorité(2) (six), dépassées d’un point par celles qui invitent à une prise de conscience(3) et celles qui contiennent la réponse(4) sont déjà au nombre de dix. Les plus nombreuses(5) (15) sont des questions simples qui se rapportent toutes d’une façon ou d’une autre à l’identité du Sauveur, donc à notre condition de sauvé, ce qui est on ne peut plus joyeux. On a donc un total de 32 questions aboutissant à une affirmation positive. 
Mais aujourd’hui, ce sont la psychologie et la démarche spirituelle du taoïsme qui deviennent les vecteurs les plus efficaces pour délivrer un message de bonheur à nos contemporains. Pourquoi ?
Pierre FRANÇOIS
(1) Pour une présentation et une explication complète de cette parabole taoïste, voir https://serenagaia.blogspot.fr/2017/03/. À noter que l’évangéliste aussi met dans la bouche du Christ la comparaison du cocher, mais dans un autre contexte : Mt 23, 16. 24.
(2) Mt 3, 7 ; 21, 42 ; 23, 19 ; 12, 34 ; 18, 8 ; 22, 18.
(3) Mt 5, 46 ; 7, 3 ; 15, 17 ; 17, 25 ; 18, 12 ; 8, 26 ; 23, 33.
(4) Mt 19, 17 ; 21, 16 ; 6, 28 ; 12, 4 ; 16, 11 ; 22, 43 ; 22, 45 ; 6, 28 ; 12, 27 ; 19, 17.
(5) Mt 11, 8 ; 12, 48 ; 16, 15 ; 20, 6 ; 22, 42 ; 12, 26 ; 12, 29 ; 22, 12 ; 26, 54 ; 9, 4 ; 14, 31 ; 15, 3 ; 21, 25 ; 26, 10 ; 27, 46.

Photo : Pierre François

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