Expo. « Pierre Jahan (1909 – 2003) – Rétrospective », par la galerie Jean-François Cazeau , sur place rue Sainte-Atanase puis dans Paris Photo, au Grand Palais, à Paris.

Pierre Jahan
Emplacement de l’actuel Beaubourg, 1943
Tirage gélatino-argentique
17,6 x 23 cm
Courtesy Galerie Jean-François Cazeau, Paris

Avant-goût.
Pierre Jahan (1909 – 2003) sera exposé au Grand Palais par la galerie Jean-François Cazeau dans le cadre du bicentenaire de la photographie. Mais elle en montre déjà une sélection dans son local de la rue sainte Anastase. Si la taille d’icelle ne permet pas de montrer de grandes séries de ses œuvres, elle en donne déjà une idée assez complète, tout du moins pour ce qui concerne les photos. Car Pierre Jahan était aussi peintre et très bon dessinateur.
Dans un métier aux multiples spécialités sans rapport entre elles – du photographe de mariage au photographe industriel en passant par l’aérien, par exemple –, il a su faire preuve d’éclectisme. Appartenant clairement au monde de la photographie humaniste, il a fait partie du groupe du Rectangle qui engendra le Groupe des XV, ce dernier militant pour la reconnaissance de la photographie en tant qu’art à part entière. Mais il a aussi été proche des surréalistes, a collaboré avec Cocteau et ne concevait pas la photo en dehors de l’univers du livre. De ce point de vue, il est plus exact de le définir – si tant est que les catégories puissent avoir un sens – comme artiste que comme photographe.
La galerie Jean-François Cazeau s’est attachée à montrer ces différentes facettes, ainsi que la façon dont elles se répondent parfois. On peut ainsi voir des photos de publicité qui flirtent avec le surréalisme ou des photos de nus traitées de manière neutre tandis que d’autres, de gisant et sous un éclairage venant de la même direction, se revêtent de sensualité. Il faut se rendre compte que tous les tirages exposés ont été tirés par l’artiste lui-même, et la qualité de ceux-ci montre combien il était aussi bon chimiste que preneur de vues. Par ailleurs, chaque tirage a été traité selon ce que l’intensité de la lumière demandait.

Pierre Jahan
Tour Eiffel en fête , 1946
Photogramme et collage
36 x 28,7 cm
Courtesy Galerie Jean-François Cazeau, Paris

Ainsi, si beaucoup de tirages jouent sur la dureté des contrastes (et à ce titre, le catalogue est catastrophique, qui donne l’impression qu’ils ont tous été tirés sur du papier extra-doux et à la limite du voilage), d’autres rendent toute la gamme des gris. On est donc face à un artiste dont le monde intérieur prend la réalité telle qu’elle est et ne se permet de la transformer que quand la démarche est évidente. L’émotion est au rendez-vous à chaque fois, non pas celle qui s’émeut de voir de simples images d’un monde disparu, mais bien celle qui émane d’une attitude ou d’un paysage parlants.
Pierre FRANÇOIS
« Pierre Jahan (1909 – 2003) – Rétrospective », par la galerie Jean-François Cazeau, 8, rue Sainte-Anastase 75003 Paris, du mardi au samedi de 11 h à 19 h jusqu’au 23 décembre 2026 ; et aussi, dans le cadre de Paris Photo, du 12 au 15 novembre 2026 au Grand Palais, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris.

Photo : Pierre François.