Théâtre : Dans 5 heures, l’interview.

Succès.
Pourquoi donc Fitzgerald Berthon a-t-il choisi comme thème de son spectacle la conversion de Jacques Fesch alors que nous vivons dans un monde post-chrétien, post-moderne et dans lequel les références religieuses sont rapidement suspectes ?
Sa première réaction est de botter en touche : « parce que c’est un bon défi ». Comme s’il y avait des pièces qui n’étaient pas des défis à relever !
Puis, on apprend qu’étant originaire de la même ville que ce dernier, il s’est dit que cela aurait pu être lui qui bascule dans la violence. Que faisant partie du mouvement Anuncio(1), il cherche à annoncer l’Évangile de façon festive et par la beauté. Qu’il voulait faire sortir une œuvre religieuse des églises pour la proposer au grand public(2). Que, saisi par cette histoire, lui qui n’a pas vécu d’expérience mystique, a voulu la découvrir de l’intérieur et la partager (ce qui s’est traduit par la lecture des cinq cents pages des écrits de prison et deux ans de travail pour trouver les bonnes coupes à effectuer). Qu’enfin, il trouve là le moyen d’allier son métier et ses convictions. Cependant, son but premier n’est pas de passer un message, mais de surprendre (et il y parvient très bien).
Est-ce la grâce qui agit, lui qui a eu le nez creux ou son talent personnel ? Toujours est-il que la pièce est prolongée et qu’il cherche un lieu pour la reprogrammer. Et que lorsqu’il la joue en prison, certains croient qu’il a été des leurs ou lui confient que « Jacques Fesch a compris ce que je vis dans mon cœur » ou qu’il « dit des choses que je ne réussis pas à expliquer à ma famille ».
Pierre FRANÇOIS
1 https://www.anuncio.fr/
2 Et il sait de quoi il parle, jouant régulièrement dans ce contexte où la visibilité n’est pas bonne et l’acoustique plus faite pour la musique que pour le théâtre.

Photo : CHRISTOPHE-RAYNAUD-DE-LAGE.

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