Théâtre : « Les Poupées persanes », d’Aïda Asgharzadeh au Théâtre des béliers parisiens, à Paris.

Sincérité et partage.
La création du théâtre s’allie à la volonté d’instruire, illustrer des enjeux sociaux et religieux ; passés ou actuels, lointains ou de notre propre société. Pour en faire et en écrire, pour raconter des histoires et rentrer dans un conte, nous avons besoin d’une formule magique. « Yeki bood, yeki nabood. Gheir az Khodâ, itch kas nabood. C’est ainsi que l’on commence les histoires en Iran. C’est notre « il était une fois », à nous. ».
Au commencement, Les Poupées Persanes nous promet un lien créé par le partage des émotions entre le public et ce qui est donné sur scène. Nous refaisons alors appel à cette écoute et cette énergie mutuelles et nécessaires entre la salle et la scène pour faire vivre l’histoire.
Les émotions sont bien au rendez-vous, et pour ce faire, la musique du Taar jouée par Sylvain Mossot créée l’ambiance escomptée à la première seconde de la représentation. 
Le rideau, comme personnage à part entière, ouvre la porte de la fiction, aidé par un narrateur qui casse le quatrième mur et nous invite à entrer dans le conte.
La scénographie est pensée intelligemment et efficacement pour illustrer divers lieux, diverses époques avec un minimum d’éléments au plateau. Le rythme s’installe de manière fluctuante. On reste donc dans une situation d’énonciation avec l’attente de savoir ce qu’il se passe entre les personnages. Les informations sont démultipliées, ainsi que la façon de se lier au public. La connexion des émotions énoncée auparavant arrive au fur et à mesure que l’on écoute l’histoire. Comme un enfant avant de s’endormir, nous voulons savoir la suite. Et au fur et à mesure que nous en savons plus, la chorégraphie des tableaux s’intensifie. La mise en scène s’arme de plusieurs théâtralisations du réel, et cette dernière s’avoue touchante grâce à de magnifiques scènes où le langage corporel, le théâtre d’objets, la vidéoprojection, sont à l’honneur.
Cette histoire touche grâce à son inspiration du réel. Autant par la retranscription des passages d’existence de l’auteure que par la narration de l’Histoire iranienne. La sincérité recherchée des relations, ainsi que ce partage d’émotions inqualifiable qui unie les membres d’une salle lors d’une représentation, nous apparaissent. « Il était une fois » : des histoires. La sienne, à elle, mais que nous comprenons et entendons. Et la leur, à ce peuple, même si lointaine géographiquement, mais qui fait échos à celles qui bombardaient ailleurs ou bombardent actuellement.
Maëlle
« Les Poupées persanes », d’Aïda Asgharzadeh . Mise en scène : Régis Vallée . Avec : Aïda Asgharzadeh, Kamel Isker, Azize Kabouche, Toufan Manoutcheri, Sylvain Mossot, Ariane Mourier. Du mardi au samedi à 21heures, matinée le dimanche à 15 heures au Théâtre des béliers parisiens, 14 bis, rue Sainte-Isaure , 75018 Paris , tél. 01 42 62 35 00, métro Jules-Joffrin ou Simplon, https://www.theatredesbeliersparisiens.com/spectacle/les-poupees-persanes/

Photo : Alejandro Guerrero.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *