Théâtre : «Le Corbeau Blanc».

Chez les critiques dramatiques, une collègue versifie pendant les spectacles : Béatrice Chaland. Elle a la bonté de nous fournir régulièrement les poèmes publiés sur son site : https://bclerideaurouge.wordpress.com. Paraissent ici les spectacles qu’elle a notés au moins 3 / 5, surtout pendant les festivals d’Avignon, histoire de nous faire oublier que nous en sommes privés cet été.

«Adolf Eichmann, autopsie de la barbarie»,
Un essai de reconstitution aguerri
Pour comprendre ce dont on n’a jamais guéri.
Mais le peut-on ? Survivre aux ordres et à quel prix !

Première audience sous le signe du cynisme.
Tentative d’éclaircissements. L’optimisme
A propos de ce dossier tourne au cataclysme.
«Il suffit de voir pour le croire». Réalisme
Cru, direct, tentant l’analyse du séisme.

«Nous avons créé Hitler, nous en avons fait un Dieu».
«Cet homme est passé du caniveau à l’Arc de Triomphe»
Et il a défilé sous tous les yeux
D’un peuple hypnotisé, gonflé à donf.
«Victimes et bourreaux pouvaient être affiliés par le sang»
Versant, versé en brunâtres torrents.

«Eichmann grandit dans le but d’être inexistant».
A «La Luna», il n’est pourtant pas transparent.
L’Holocauste commencé, il s’y jette sans compter ;
Il a «le pouvoir de le faire et pas de l’arrêter».

«La conscience est une invention juive», dit-il,
«Une tache comme la circoncision». Vil
Propos éructé par un être empli de bile.
«Nous naissons dans l’excrément et dans l’urine» ;
On s’y vautre, obéissant par discipline.

La peur est à l’origine du génocide.
Elle secrète une odeur tellement acide
Que le crime prend l’apparence d’un suicide,
Et l’esprit, alors aveuglé, n’est plus lucide.

«Allez à Auschwitz et plantez un verger»
«Dans le désert», c’est plus fort que de se venger ;
Mettre un peu de baume sur les plaies outragées
Qui se rouvrent dès que se pointe le danger.

Brûlant texte, terrible d’authenticité,
Qui met à nu tant d’effrayantes vérités.
En noir et blanc, ressort toute la panoplie
Des dégradés de gris tombant en cendre et pluie.

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com

De Donald Freed. «Eichmann à Jérusalem, Autopsie de la Barbarie». Mise en scène William Mesguich. Adaptation, Jeu Nadège Perrier. Et avec Hervé Van der Meulen. Par les compagnies «Rêve Eclair» et «Antisthène». (Avignon, 23-07-2019, 14h05).

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