Théâtre : « Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie », de Brigitte Kernel et Sylvia Roux au Studio Hébertot, à Paris.

Romancé.

« Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie » est un spectacle réussi pour le jeune public. Sur scène, un livre astucieusement utilisé pour des projections sert de podium. Le comédien parvient à faire croire à l’enfant qu’il incarne, à sa capacité d’émerveillement malgré la dureté de son père.

Il convient d’emblée de faire une mise au point : si la mention du titre « l’enfance d’un génie » peut faire penser à une biographie, il n’en est rien. Ce sous-titre est repris ici dans la mesure où il s’agit de l’adaptation du roman éponyme. En fait, on ne connaît pas grand-chose de l’enfance de Léonard de Vinci. Le peu qu’on sache est assez librement adapté. Il n’y a pas de mention de son oncle et on lui fait rencontrer Verrochio environ sept ans avant la réalité. L’auteur elle-même précise : « il y a moult théories à propos de la jeunesse de Léonard et j’ai choisi la thèse du grand-père qui me paraissait plus en lien avec les problématiques contemporaines de liens familiaux qui se délitent. ».

Ceci étant posé, le spectacle a de quoi captiver le public, notamment jeune. Le légendaire (l’histoire du milan qui l’aurait salué d’un coup d’aile à sa naissance) y côtoie les procédés qui permettent l’empathie, voire l’identification. Proche du conte joué, il utilise les projections de façon particulièrement équilibrée et astucieuse. Ainsi donne-t-il régulièrement l’impression d’un dialogue muet – notamment affectif – entre le comédien et les images inanimées. Ce dernier incarne parfaitement son personnage, à la fois éveillé, inventif et en manque d’affection. On ne boude pas notre plaisir, mais il faut garder à l’esprit que tout ce récit est romancé et se tourner vers d’autres sources pour collationner les rares certitudes ou déductions qui touchent l’enfance de ce génie*.

Pierre FRANÇOIS

« Léonard de Vinci, l’enfance d’un génie », de Brigitte Kernel et Sylvia Roux d’après le roman de Brigitte Kernel. Avec Grégory Gerreboo. Mise en scène : Stéphane Cottin. Le samedi à 17 heures jusqu’au 25 janvier au Studio Hébertot, 78 bis, Boulevard des Batignolles, 75017 Paris, métro Rome ou Villiers, tél. 01 42 93 13 04, https://www.studiohebertot.com/leonard-de-vinci

*Pour une idée (un peu) plus exacte de la jeunesse de l’artiste : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/article-revue/la-jeunesse-de-leonard-de-vinci/, https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onard_de_Vinci, https://sciencepost.fr/biographie-leonard-de-vinci-1452-1519-genie-de-la-renaissance/, https://www.autourdeleonardo.org/page-96.html, http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/histoire-leonard-de-vinci-les-jeunes-annees-d-un-genie-27-10-2019-8181078.php, https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/leonard-de-vinci-le-mystere-sur-la-mere-enfin-leve-5010269. L’hypothèse selon laquelle la Joconde serait un portrait de sa mère est due à Freud : https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_souvenir_d%27enfance_de_L%C3%A9onard_de_Vinci.

Photo : Pierre Francois.

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