Théâtre : « L’absence de guerre », de David Hare au Théâtre de l’aquarium puis en tournée.

Politique, par Clara.
« Les mots n'ont pas seulement un sens, ils ont aussi un effet. ».
La pièce commence par un compte à rebours sur fond de musique techno. Les acteurs se déchaînent dans un simulacre de combat qui semble avertir : « It's time to make war », la vie est un combat, la course au pouvoir politique est implacable.
Le propos est donc osé et impertinent puisqu'il s'agit d'une chronique de l'échec du parti travailliste en Angleterre en 1992, que David Hare a vécu de l'intérieur. Sa description est froide, journalistique, objective. Il montre les rouages de l'appareil politique de son pays.
Cependant, les événements de cette campagne électorale semble parfois irréalistes par la mise en scène chorégraphiée (le futur candidat danse avec l'Union Jack.)
La mise en scène favorise des lumières crues et des musiques très fortes dont le choix est parfois incompréhensible. L'usage de la chanson « Bloody Sunday » de U2 paraît inadaptée (le Bloody Sunday désigne la tuerie qui a eu lieu un dimanche lors d'une manifestation pacifique en Irlande en 1972, dans laquelle une vingtaine de personnes ont été prises pour cible par des soldats de l'armée britannique et ont perdu la vie).
On assiste à la fabrication d'un candidat, son formatage, ce qu'il doit dire ou taire, entre compromissions et stratégie de communication, pour monter dans les sondages. La politique est un mensonge qui dit la vérité. Il faut plaire à l'opinion publique pour gagner, quitte à taire les mesures impopulaires de son programme ou les abandonner. Le candidat est donc pris dans un dilemme cornélien : se taire ou parler, dire la vérité ou la cacher, être ou paraître.
Mais, il faut bien faire le boulot…
L'usage de la vidéo dans un décor complexe ajoute à la confusion. Malgré la prestation de comédiens très bons, on a du mal à se concentrer sur ce qui se passe sur scène. L’œil est constamment captivé par l'écran.
Le propos est philosophique ; il questionne sur l'absurdité de notre monde et sur la notion de citoyenneté.
Une pièce éminemment moderne et politique à la fois très lente et très violente.
Clara
« L'absence de guerre », de David Hare, traduction de Dominique Hollier. Mise en scène Aurélie Van Den Daele. Au Théâtre de l'Aquarium – Cartoucherie – Route du Champ de Manœuvre, 75012 Paris, jusqu'au 3 février puis en tournée. theatredelaquarium.com

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