Théâtre : « Manon Lepomme, non je n’irai pas chez le psy » au Petit palais des glaces de Paris et en tournée.

Autodérision ravageuse.
Manon Lepomme est une jeune humoriste belge et son spectacle « Non je n’irai pas chez le psy » annoncé comme un « duel psychologique entre elle et une pâtisserie, le merveilleux », dénote un sens de la scène, de l’autodérision et du sens de la limite à ne pas franchir peu communs. Sans compter qu’en filigrane de son spectacle on trouve une tendresse permanente. C’est sans doute cette dernière caractéristique qui lui permet de ne jamais sombrer dans la vulgarité, même lorsqu’en passant elle devient un instant salace (et remet cela quelque temps plus tard). Car elle est capable de tout, mais rien n’est jamais gratuit. Ainsi confie-t-elle que chacun de ses sketches a une origine réelle à partir de laquelle elle a brodé : oui, ses grands-parents avaient tous deux la maladie d’Alzheimer, oui elle a rencontré son homme idéal sans jamais (ou presque) oser lui adresser la parole, oui elle a été professeur d’anglais et se mettait à parler à ses élèves (mais pas à son compagnon) comme elle le fait dans le spectacle, oui elle aime pleurer… Oui enfin elle est incapable de faire rire sans glisser un message derrière. Non, par contre, elle ne voulait pas parler d’elle dans son spectacle, jusqu’à ce que son entourage lui explique que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît… Alors, elle se moque de ses kilos, elle interpelle le public, elle s’y adapte même puisque environ vingt pour cent de son spectacle est improvisé à chaque fois (ce soir-là, à Versailles, sur la réputation de snobisme de ses habitants).
Mais avant tout elle a un vrai talent de comédienne, ne serait-ce que par sa capacité à parler aussi vite que clairement, au point d’en faire un numéro. « On ne va pas se mentir » est sa formule favorite, celle qui précède les saillies manifestement les plus sincères. La plupart ne sont pas loin du style cabaret. La salle rit trois fois par minute et ce sont les femmes qui gloussent le plus à ses allusions sexuelles. Bref, elle parvient à se tenir en équilibre à la fois dynamique et stable entre la gauloiserie et le message humaniste tout en se moquant de tous, et principalement d’elle.
Pierre FRANÇOIS
« Manon Lepomme, non je n’irai pas chez le psy ». À partir du 11 Septembre 2018 au Petit Palais des Glaces tous les mardis et mercredis à 20 heures (Relâches les 16/10, 24/10, 07/11, 18 et 19/12). 
Les 13, 14 et 15 septembre à Nantes, Compagnie du Café-Théâtre ; le 21 à Cugnaux au Théâtre des Grands Enfants ; le 29 à Lezennes. Du 18 au 22 décembre à Marseille, Théâtre Les Bernardines ; les 28 et 29 à Lille, au Spotlight. D'autres dates sont en cours de validation, toutes les infos sur http://www.manon-lepomme.be.

Photo : Pierre Francois.

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