Théâtre : « Une Maison de poupée » au Lucernaire, à Paris.

Condition féminine.
« Une Maison de poupée », de Henrik Ibsen, se donne actuellement au Lucernaire. Cette reprise mise en scène par Philippe Person, est efficace. Le suspense autour de la tension entre l’épouse et les différents hommes – qui est l’âme même de la pièce – est bien entretenu. On regrette juste que le moyen employé ait été une musique extérieure aux dialogues alors que le charme de l’écriture d’Ibsen est principalement (pour ne pas dire exclusivement) dans le ton sur lequel les répliques sont dites et plus encore dans la façon dont sont traités les silences qui séparent ces dernières.
Mais on croit aux personnages comme à la situation. La progression du malaise est perceptible, tout comme celle de la conscience que les uns ont des autres. Le mari découvre que celle qu’il prenait pour une potiche est capable d’être manipulatrice. Cette dernière voit combien le motif d’amour parle moins à son conjoint que la question de la réputation. Les confidences que se font les femmes apportent la note de légèreté qui s’impose. L’employé modèle déchu puis menaçant et enfin à la générosité payée de retour est le pivot qui permet aux autres d’avancer. La pièce reste actuelle en ceci qu’elle montre la différence fondamentale qui subsiste entre la planète des hommes et celle des femmes. On est devant un travail réussi !
Pierre FRANÇOIS
« Une Maison de poupée », d’Henrik Ibsen. Avec Florence Le Corre, Nathalie Lucas, Philippe Calvario, Philippe Person. Mise en scène : Philippe Person. Du mardi au samedi à 21 heures ; le dimanche à 19 heures jusqu’au 12 mars au Lucernaire, 53, rue Notre-Dame des champs, 75006 Paris, métro Notre-Dame-des-champs, Edgard Quinet, Montparnasse, tél. : 01 45 44 57 34.

Photo : Pierre Francois

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