Théâtre : « Le petit pauvre », de Jacques Copeau à la Chapelle de la Pitié Salpêtrière, à Paris.

Historique et théâtral.
« Le petit pauvre », mis en scène par Djamel Guesmi se joue du vendredi au dimanche jusqu'au 26 février à la chapelle de la Salpêtrière.
On l'a d'emblée compris : il s'agit d'une pièce sur le poverello, François d'Assise. Et, comme une fidélité à l'esprit de ce dernier, le spectacle ne requiert pas de décor et peu d'effets. En six tableaux, il retrace les principaux épisodes de la vie du saint, en restant proche du saint François historique tel qu'il est présenté par Jorgenson, c'est-à-dire à la fois doux et violent, excessif et âpre, ascète enfin, loin de son image d’Épinal irénique. Ce spectacle écrit par Jacques Copeau en 1946, peu avant de mourir (en 1949), est une sorte de testament spirituel structuré à la fois comme du théâtre élisabéthain et une pièce antique. Joué intégralement il réunirait quarante-six personnages* et durerait cinq heures. La mise en scène présentée se borne à neuf rôles et deux heures et a été créée en 1988. Depuis, elle tourne sans cesse, toujours dans des lieux patrimoniaux, historiques, dans la mesure où l'auteur ne l'a pas écrite pour être jouée dans l'enceinte d'un théâtre. En effet, à la fin de sa vie et alors qu'il traversait une période mystique, Copeau voulait sortir de la « boîte noire » pour se rendre sur les places publiques, espace des « mystères » moyenâgeux. Cette option permet par ailleurs au metteur en scène de ne pas dépendre d'un lieu pour pouvoir créer l’œuvre.
Pierre FRANÇOIS
« Le petit pauvre », de Jacques Copeau. Mise en scène : Djamel Guesmi. Avec Denise Aron Schröpfer, Jean-Paul Audrain, Benoît Dugas, Philippe Escudié, Djamel Guesmi, Francois Joxe, Idriss, Christophe Poulain, Daniel Schröpfer.
Vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30 (relâche le 15/01 et le 12/02) jusqu'au 26 février à la Chapelle de la Pitié Salpêtrière (entrée par le 83, boulevard de l'Hôpital, Paris 13). Informations et réservations 06 30 07 12 35, www.lestreteauxdumonde.com

* dont certains sont des prête-noms : derrière Élie, il y a Jouvet, frère Léon évoque Dullin, sainte Claire est la propre fille de Copeau…

Photo : Pierre Francois.

 

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