Théâtre, musique : « Fidelio », d’après Beethoven, en tournée en France et Belgique

Amour vainqueur.
« Fidelio » est un opéra – le seul – de Beethoven. Comment rendre accessible une œuvre savante de plus de deux heures à un tout jeune public, à partir de six ans ? C'est la tâche à laquelle s'est attelée la compagnie belge Walpurgis, qui a déjà appliqué, avec succès, la même idée à « Princesse Turandot ». 
Le travail d'interprétation concerne autant la forme que le fond, le texte que la musique.
L’œuvre est recentrée autour de l'argument principal : l'amour vainqueur du mal. Les parties qui ne le servent pas directement sont coupées ou évoquées sous forme de projections (un médium particulièrement adapté à une jeunesse si habituée avec les écrans de toutes sortes) évoquant parfois le scénario de Beethoven, parfois une actualisation libre avec des images d'actualité contemporaine. La bande son intègre les musiques correspondant aux airs chantés avec puissance et justesse en y ajoutant un passage contemporain (on comprend mal pourquoi) et l'hymne à la joie (on comprend mieux, dans le contexte de liberté romantique qui est celui donné à la représentation).
Le livret a de même été adapté au jeune public d'aujourd'hui. La troupe flamande a fait l'effort de le chanter en français et de lui donner un style oral et contemporain. Ainsi entend-t-on « beau comme un camion » ou bien le texte de l'hymne à la joie (la musique étant inchangée et complète) commence-t-il par « Partageons nos plus beaux rêves / Partageons cette mélodie / Pour que le soleil se lève / Sur un monde plus gentil ».
Les comédiens chanteurs entourent le public qui est placé au centre du dispositif scénique (une scène principale de face et deux galeries sur les côtés, mais peu exploitées). Le passage dans lequel le geôlier se doute qu'il y a « anguille sous roche » est tout en nuances et touchant. La scène des retrouvailles entre Léonore et Florestan est réellement émouvante. Les paroles de l'hymne à la joie sont projetées pour que les enfants – c'est l'ambition de la troupe – puissent les mémoriser.
On sent le jeune public attentif. Indéniablement, ce spectacle lui parle même si, avec nos caboches d'adultes, on prend de la distance avec la relative naïveté du propos. Mais l'éducation ne passe-t-elle pas par là ? Ils découvriront la réalité bien assez tôt…
Pierre FRANÇOIS
« Fidelio », d'après Beethoven. Conception, livret et mise-en-scène : Judith Vindevogel. Musiques : Ludwig von Beethoven. Arrangements : Jago Moons. Avec : Liesbeth Devos ou Annelies Van Hijfte (soprano), Astrid Stockman ou Laure Campion (soprano), Ronan Debois ou Kurt Gysen (baryton), Jago Moons (musicien), Saïd Boumazoughe (film). Scénographie et lumière : Stef Depover. Costumes : Caroline Wittemans (conception) et Hilde Mertens, Hanne Vandersteen, Caroline Wittemans (exécution). Poupée et masque : Filip Peeters. 
Tournée (non comprises les très nombreuses séances scolaires ou en version flamande) : 16 décembre au Théâtre Durance de Château-Arnoux, 6 et 9 janvier à l'Opéra de Saint-Etienne, 13 janvier à La Gare Franche de Marseille, 20 et 22 janvier au Trident à Cherbourg, 16 mars à La Ferme du Buisson de Marne-la-Vallée, 30 mars et 2 avril au Bateau Feu de Dunkerque, 16 et 17 avril au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (Belgique) .

Photo : Stef Depover

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