Théâtre : « La Vie passante » de Christian Bobin au Théâtre Essaïon de Paris.

Les pièces réellement réussies ont cet inconvénient qu'une fois qu'on a dit qu'elles étaient abouties à tous égards, il n'y a plus rien à en dire ! C'est le cas de « La Vie passante », jouée par Gérard Étienne à partir de textes de Christian Bobin à l'Essaïon.
Le travail de la lumière – pour un texte qui justement y mène – est parfaitement réussi, on se croirait par moment face à un sage s'adressant à nous depuis un cloître ancien au moment du soleil couchant.
Le rythme est méditatif sans être ennuyeux. La voix, lente et méditative, est chantante dans les basses. Les points de suspension du texte sont bien joués.
La pensée en fait complexe – car à la fois poétique, religieuse et philosophique – de Bobin est mise en exergue avec une simplicité extrême, ce qui correspond à son écriture. On se laisse pénétrer par les réflexions sur l'amour et l'insouciance, l'esprit d'enfance et celui de sagesse…
Oui, l'auteur écrit et son interprète joue pour « bien plus que [nous] mais bien plus, c’est par [nous] que ça passe ». Et on ressent plus qu'on entend cette vérité selon laquelle « il n'y a pas d'autre grâce que celle-là, la seule que nous ayons : la vie, le quotidien, la vie, la vie, la vie… ».
On ne ressort peut être pas changé, mais sûrement apaisé.
Pierre FRANÇOIS
« La Vie passante », de Christian Bobin. Adaptation, mise en scène et interprétation : Gérard Etienne. Les dimanches à 18 heures jusqu'au 19 avril au Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-lard, 74004 Paris, Métro Hôtel de Ville, tél. : 01 42 78 46 42, www.essaion.com

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