Danse, musique, théâtre : « Le Soleil juste après » en tournée internationale.

Violent.
On ne refera pas ici un article pour souligner l'événement majeur que fut « Magie noire », le précédent spectacle de Laurent Poncelet sur un thème à peine différent de celui traité dans « Le Soleil juste après ». Mais on a quand même l'impression que ce dernier reprend le procédé du premier en l'ayant vidé de sa poésie. Que la vie soit violence, jusque dans son surgissement et qu'elle le soit encore dans l'autre monde – qui « est assailli avec violence, ce sont des violents qui l'arrachent » (Mt 11, 12) – il n'est pas question de le nier. Que les artistes, qui sortent eux-mêmes de la rue et y ont tout appris, jusqu'à leur art, aient sans cesse été confrontés à cette dernière – au point que l'un d'eux s'étonnait de pouvoir venir en France par un autre moyen que la prostitution – on en est bien conscient ! Que les danses qui y sont interprétées soient de qualité, c'est vrai. Que nos banlieues soient devenues aussi violentes que les favelas, c'est parfois possible. Mais doit-on, quand on a déjà eu droit à son lot de blessures et qu'on est un tant soit peu sensible, supporter encore un spectacle aussi violent ? Alors ? Alors, il faut acheter des places pour ce spectacle, histoire de participer à une œuvre humaine remarquable (qui donne lieu à une tournée internationale jusqu'en décembre, en Europe et Afrique). Mais y envoyer les jeunes générations qui n'ont pas encore été mises à mal par la vie et pourront supporter sans que cela ravive des blessures ce condensé de violence et de transe épileptique à peine compensé par une courte scène de séduction et une plus longue récréation de jonglage. Comme en plus elles comprennent les codes de ce langage mieux que les personnes plus mûres, cela peut être un moyen de les aider à appréhender charnellement ce qu'est le monde…
Pierre FRANÇOIS
« Le Soleil juste après », de et mise en scène par Laurent Poncelet. Avec Six artistes brésiliens de « o Grupo Pé no Chão » (danseurs et percussionnistes), quatre artistes marocains de l'association « Éclat de lune » (circassiens, acrobates, musicien-chanteur), un artiste togolais de la Compagnie Zigas (danseur, couteur, percussionniste) : Abdelhaq El Mous, Soufiane El Kati, Houssaini El Zahid, Zakariae Heddouchi, Luciana Nascimento, Bruno Franca, Clecio Santos, Marcio Nascimento, Ingrid Silva, Germano Silva, Sodjiné Sodetodji. Musique : Zakariae Heddouchi, Clecio Santos, Sodjiné Sodetodji. Lumières : Fabien Andrieux. Assistant de création : José W Junior.
Le spectacle sera en France les 25 et 26 février à l'Heure bleue de Saint Martin d'Hères (38), le 26 au Scarabé de Chambéry (73), le 27 à l'Espace Aragon de Villard-Bonnot (38), le 6 mars au Coléo de Pontcharra (38), le 13 aux Transversales de Verdun (55), le 15 au Centre culturel Pablo Picasso d'Homécourt (54), le 27 au Centre culturel de Sevran (93), le 28 au Grain de sel de Séné (56), le 4 avril au Gymnase de Mont-Saint-Martin (54).
Il sera en Belgique le 11 mars à la Maison de la culture de Namur, le 12 au Palace de La Louvière, les 14 et 16 au Centre culturel des Roches de Rochefort, le 20 à la Caserne Fonck de Liège, le 21 à la Maison de la culture de Dinant, le 25 au Centre culturel de Gembloux.
Il sera au Luxembourg les 2 et 3 avril au Théâtre de Esch-sur-Alzette.
Il sera en Afrique en décembre 2015, au Maroc, Sénégal, Bénin, Cameroun…

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