Théâtre : « L’Infiltré », de et avec Océan en tournée.

Sommes-nous des Tupperwares ?
« L’Infiltré » est une pièce qui surprend positivement. Le décor, d’abord, constitué d’arcades dont on ignore ce qu’elles évoquent. La mise en scène, ensuite, qui prend d’abord la forme d’une conférence pour évoluer vers une confession. Le jeu aussi, vif et pudique. Le texte enfin, délicat et sans concession. Ce spectacle aurait pu être militant, et donc ennuyeux. C’est l’inverse. Le comédien autant que confident commence par nous emmener dans des considérations générales sur la notion de catégorie à partir de l’exemple des Tupperware. C’est peu à peu qu’il entraîne le public vers d’autres catégories plus ou moins connues – le statut des personnes défini en dehors de leur appartenance à un sexe ou à un autre et la nature qui n’obéit à aucune loi dite « naturelle » – pour convier le spectateur à une exploration des conditions masculines et féminines. Dans la tête comme corporellement. Ce seul en scène est régulièrement complété par des projections. On note au passage une interprétation très intéressante du sacrifice d’Isaac.
Pierre FRANÇOIS
« L’Infiltré », de et avec Océan. Conception et écriture Océan. Mise en scène : Océan et Flore Vialet. Dramaturgie : Leïla Adham. Chorégraphie : Marlène Rostaing. Scénographie : Marco Ievoli. Costumes : Colombe Lauriot Prévost. Création lumière : Léa Maris. Création sonore : Elisa Monteil. Création vidéo : Jean Doroszczuk. Composition : Thibault Frisoni. Dessins : Anaïs Caura. Durée : 1 h 50.
Jusqu’au 1ᵉʳ avril au Théâtre national de Strasbourg, les 9 et 10 avril à la Halle au grain de Blois, du 22 au 24 avril au Théâtre de la Croix-Rousse, du 27 au 30 avril au MixT (ex-Grand T) de Nantes, du 5 au 7 mai au théâtre Liberté de Toulon.

Photo : Pauline Le Goff.