Théâtre : «68 Mon Amour».

Chez les critiques dramatiques, une collègue versifie pendant les spectacles : Béatrice Chaland. Elle a la bonté de nous fournir régulièrement les poèmes publiés sur son site : https://bclerideaurouge.wordpress.com. Paraissent ici les spectacles qu’elle a notés au moins 3 / 5, surtout pendant les festivals d’Avignon, histoire de nous faire oublier que nous en sommes privés cet été.

Une jolie réflexion, inhabituelle
Sur le «Mai Soixante-Huit» qui libéra ses ailes.
Un texte abordable aux jeunes générations,
Pour saisir le langage et sa libération.

«La parole est arrivée, débridée, déchaînée»
Et elle pénétrait aussi chez nos aînés.
Dès lors, «elle était là, notre révolution»,
«Dans l’extension du langage» et sa permission.

Écrit, ni revanchard, ni revendicateur,
Pertinent, en aucun cas moralisateur.
Le propos s’attache au fond plutôt qu’à la forme,
Aide à comprendre le sens tandis qu’il informe.

Il ne se nourrit pas d’anecdotes infâmes,
Prend conscience de l’importance de la femme.
Dans l’art, il découvre «l’Origine du monde»,
Reconnaissant que «sa mère l’avait mis au monde»
Mais que «Soixante-Huit lui avait donné accès»
«A la vie», expliquant les aspects des excès.

Réappropriation du corps en nudité,
Ton grave et émerveillé de simplicité.
L’écrivain analyse guerre et servitude,
Extermination et monstruosité rudes.
C’est une étude approfondie du peu de gloire
Que les hommes tirent d’absence de victoire.

«Un unique programme, tuer pour survivre» ;
«La guerre était une institution» rendant ivre.
«Personne ne songeait à la remettre en question»,
On n’y prêtait guère «sérieusement» attention.

«De cette parole étincelante, on avait fait»
«Un culte de la mort» … qui était presque parfait !
«Jusqu’à ce que je comprenne que la vie»
«N’était pas au programme» … un simple sursis.

Il se dégage une joie de vivre et l’espoir
Naissant, étouffé dans l’œuf planqué au tiroir.
Une œuvre aboutie, à «La Croisée des Chemins»,
Qui ouvre la porte à l’avenir féminin.
Un travail précis et intelligent, très fin !

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com

De Roger Lombardot. Mise en scène Chantal Péninon. Interprétation Ludovic Salvador. Par la «Compagnie Vue sur Scène». (Avignon, 02-07-2019, 15h15).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *