Vivement la reprise.
Le dossier de presse de « Mozart, le dernier voyage à Paris » indique : « Correspondance : Mozart ; Musique : Mozart ». Cela situe d’emblée le contexte de ce spectacle musical, celui d’une œuvre documentaire. Mais Camille de Leobardy, la créatrice et interprète de ce spectacle, ne s’est pas arrêtée là. Elle incarne son personnage avec réalisme, humour, truculence parfois. Et associe le jeu sur scène avec celui au piano et la pantomime. On prend pitié d’un Mozart qui ne parvient qu’avec peine à trouver quelques commandes (finalement jouées ou non), accompagné par sa mère qui meurt pendant le séjour, ce qui va précipiter son retour offert par le comte Grimm qui a vu combien, malgré son talent et ses démarches, il ne parvenait pas à vivre de son art. On participe à ses révoltes contre des aristocrates qui assimilent le compositeur mature au prodige enfantin qui leur a été présenté quinze ans avant. On sourit de ses descriptions – caustiques – des Français. On découvre avec lui la suite de notes qui sonnent bien pour donner naissance, par exemple, à la Marche turque. Et, pour finir, on ne voit pas le temps passer tellement on a été immergé à la fois dans les émotions du créateur et la gestation de quelques-unes de ses œuvres.
Pierre FRANÇOIS
« Mozart, le dernier voyage à Paris », d’après la correspondance et la musique de Mozart. Adaptation et interprétation : Camille de Leobardy. Reprise à l’automne au théâtre Essaïon, à Paris.


