Spiritualité : Vertu et piété, dissimulation et révélation (34).

Chacun utilise le confinement comme il peut. L’auteur de ces lignes, qui avait raté un cours sur le Livre d’Esther, le rattrape en en faisant un compte rendu, très personnel d’abord, puis (largement) inspiré par le site protestant « Théovie » et la revue catholique « Cahiers évangile » (ainsi que son « supplément »)*. Cet article n’étant qu’un (bref) résumé, il est conseillé à ceux qui s’intéressent au sujet de se reporter à ces sources.

Mais les « Cahiers évangile » ne s’arrêtent pas à ce numéro régulier trimestriel. En même temps a été publié un supplément titré simplement « Esther », dont la table des matières révèle qu’en 150 pages il s’intéresse à Esther vue par les Pères de l’Église, à Esther manifestant l’exil comme dimension essentielle du peuple juif, puis dans l’exégèse du Moyen Âge, à la façon dont ce livre a été réécrit, aux jeux de Pourim dans la culture juive d’Europe et enfin à la façon dont elle a inspiré musique, littérature et arts visuels.

La canonicité du Livre d’Esther n’a pas été immédiate, même si dès le début il a été considéré comme un texte utile à l’édification des croyants. Méliton de Sardes (qui écrit entre 160 et 180) est le premier à dresser une liste des livres reconnus et Esther n’y figure pas. Eusèbe de Césarée (≃ 235 – 269) qui fut élève d’Origène rapporte la liste que ce dernier avait mis au point et Esther y figure… en dernière position et sans indication s’il s’agit du texte hébreu ou grec. Incidemment, une question de forme complique le décompte des livres canoniques, les Juifs faisant concorder leur nombre avec celui des lettres de leur alphabet (vingt-deux) de sorte que certains auteurs en viennent à regrouper (cinq fois) deux livres de la Septante (traduction grecque) pour un de l’original hébraïque, histoire d’arriver au bon résultat. Athanase d’Alexandrie (≃ 296-373) adopte la classification des livres sacrés en trois catégories – le canon, les livres utiles à l’édification et les apocryphes qui risque d’égarer les croyants – et place Esther dans la seconde, avec Judith et Tobie que certains de ses prédécesseurs y avaient déjà placés, ainsi que La Sagesse de Salomon, La Sagesse de Sirach, La Didachè et Le Pasteur d’Hermas). Grégoire de Nazianze (329-390) ne reconnaît pas non plus Esther. Mais, du côté de l’Église latine, la canonicité d’Esther est admise à partir d’Hilaire de Poitier (≃ 315-367). Augustin (354-430) y ajoute Tobie, Judith, les Maccabées, la Sagesse et l’Ecclésiastique. Innocent Ier (318-417) définit la liste qui finira par être confirmée lors du concile de Trente (1542-1563)(17).

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17) Les canons catholiques et protestants reconnaissent les mêmes écrits pour ce qui concerne le Nouveau Testament. Pour l’Ancien Testament, les deux confessions reconnaissent les 39 livres de la Bible hébraïque. Les catholiques y ajoutent des textes écrits en grec (lus par les Juifs vivant en milieu héllénistique) qui nous ont été transmis par la Septante (ou LXX), laquelle a eu outre traduit en grec les livres composant la Bible hébraïque. Ces livres au nombre de sept sont dits « deutérocanoniques » (du deuxième canon) pour les catholiques et « apocryphes » pour les protestants. Il s’agit des livres de Judith, de Tobie, de la Sagesse, du Siracide, de Baruch (avec la Lettre de Jérémie) et les deux livres des Macchabées. Le statut des livres de Daniel et d’Esther est particulier en ceci que la version grecque a ajouté des passages à l’original hébreu traduit.

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