Actu : nomination d’un nouveau président à l’autorité de surveillance financière du Vatican.

Finances vaticanes.

Le Vatican et la finance continuent d’avoir des relations compliquées. On se souvient qu’à la suite d’opérations immobilières spéculatives à Londres le procureur du Saint-Siège avait, le premier octobre dernier organisé une perquisition à la Secrétairerie d’État et à l’Autorité de l’information financière du Vatican, chargée de rendre plus transparentes les finances du plus petit État du monde. Ce dernier collabore avec l’institution européenne Moneyval – qui lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme – afin d’arriver à respecter un standard international garantissant la légalité de l’origine des fonds et des opérations effectuées.

L’autorité de l’information financière du Vatican, créée par une loi du 30 décembre 2010 avant de voir ses pouvoir restreints en août 2012 (initiative condamnée par Moneyval), a vu ses compétences s’étendre en août et novembre 2013. Actuellement, elle est « chargée du renseignement et de la surveillance financière, y compris la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et la surveillance prudentielle des entités exerçant des activités financières sur une base professionnelle ».

René Bruelhart, qui avait dirigé la cellule de renseignement financier du Liechtenstein, était devenu ensuite vice-président du groupe d’Egmont – un groupe informel, du nom du Palais Egmont Arenberg à Bruxelles où il s’est constitué, qui s’est donné pour rôle de stimuler le renseignement financier entre les différents pays – et c’est alors qu’il devient directeur de l’AIF en 2012 avant d’en devenir le premier président laïc en 2014. Cette nomination a été considérée comme un signe positif par la communauté financière internationale. Mais il n’a pas été renouvelé à son poste en novembre 2019, le pape lui ayant préféré l’ancien chef à la surveillance de la banque centrale italienne Carmelo Barbagallo.

Au moment de la perquisition par la police du Vatican dans les locaux de la Secrétairerie d’État et de l’AIF, assortie de la saisie d’ordinateurs, de documents et de téléphones portables, le groupe d’Ermont s’est ému de l’incapacité de l’AIF de protéger des documents confidentiels et a décidé de suspendre l’utilisation de son réseau sécurisé par l’AIF. Selon une dépêche de l’agence Reuters du 27 novembre, la nomination d’un « vétéran de 40 ans de la Banque d’Italie semblait être une tentative d’apaiser les craintes d’instabilité dans l’AIF ». Elle précise par ailleurs que « le pape François a déclaré ce week-end que le Vatican attendait avec impatience une évaluation prévue l’année prochaine par Moneyval ».

Cherchez l’erreur…

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Photo : Catholic Church England and Wales, licence Creative Commons

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