Théâtre : « L’Éveil du printemps », d’Aiat Fayez au Théâtre de l’épée de bois, Cartoucherie, à Paris.

Conte de science-fiction.
« L’Éveil du printemps » est une pièce satirique écrite en 1891 par le poète allemand Frank Wedekind. Il l’avait ironiquement sous-titrée « une tragédie enfantine », la « tragédie » en question étant la découverte d’un corps et d’une psychologie qui se transforment. Cette mise en scène d’amours adolescentes est aussitôt censurée et la pièce n’est jouée qu’en 1906. 
« L’Éveil du printemps », c’est aussi un texte récent (publié chez L’Arche éditeur) de l’auteur contemporain Aiat Fayez. Qui s’inspire de l’œuvre précédente, assez librement puisqu’il situe son héros sur la planète Platonium et relate l’exil de ce dernier vers la Terre et plus particulièrement une université française. 
« L’éveil du printemps », c’est enfin la mise en scène qu’Alain Batis fait de cette dernière œuvre lauréate de la Commission nationale d’aide à la création de textes dramatiques Artcena, qui a fait l’objet d’une prime d’inédit et a bénéficié d’une création radiophonique sur France culture.
Qu’en est-il en définitive ?
On a là une pièce dont le rapport avec le travail de  Wedekind est très lointain, mais qui est faite pour parler à la jeunesse d’aujourd’hui. Sans doute parce que nous vivons dans un univers hyper sexualisé, la question de l’éveil des sens n’est évoquée que sous la forme du flirt timide (et mensonger pour tenter de mieux séduire, un grand classique avec échec garanti à terme) dans la première partie. La seconde est entièrement dédiée au thème de l’altérité au sens large : comment un habitant de Plutonium peut il être accepté ou non par des Terriens (ou Terriennes) ?
Si on peut souhaiter – ce qui viendra inévitablement – que la pièce se resserre un peu pour atténuer l’impression de longueur engendrée par la lenteur du rythme qui caractérisait la toute première représentation, il faut saluer la dimension particulièrement réussie des projections sur le mur du fond. Elles donnent à l’ensemble un aspect tape-à-l’œil de bande dessinée qui parle à la jeunesse. Le contexte de science-fiction n’altère pas la réalité des sentiments exprimés, au contraire. Enfin, on croit aux personnages, à tous les personnages dès leur entrée en scène alors que les onze sont interprétés par cinq comédiens, ce qui est fort.
Pierre FRANÇOIS
« L’Éveil du printemps », d’Aiat Fayez. Mise en scène : Alain Batis. Avec Emma Barcaroli, Geoffrey Dahm, Nassim Haddouche, Pauline Masse, Mathieu Saccucci.
Du lundi au mercredi à 20 h 30 du 15 janvier au 14 février 2018. Relâche les 22, 23, 24 janvier. Du mercredi au samedi à 20 h 30, samedi et dimanche à 16 heure du 21 au  25 février au Théâtre de l'épée de bois, Cartoucherie, route du Champ de Manœuvre, 75012 Paris, tél. 01 48 08 39 74, http://www.epeedebois.com
Métro Château de Vincennes, sortie n°3 (en tête de train) pour accéder au bus n°112 (à préférer à la navette gratuite, pas toujours disponible), étant entendu que le bois de Vincennes est en zone 3.

Photo : DR

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