Feuilleton : « Chaînon manquant », par LTL : épisode 3.

Lorsque Jean retourna chez lui, un mot était inscrit sur un papier fixé à sa porte. Il était écrit :
« Nous connaissons vos recherches. Nous vous demandons de cesser ! Le secret doit demeurer, vous avez mis les pieds là où il ne faut pas ! C’est un ultime avertissement, la prochaine fois, nous nous en prendrons à vous directement ! Ou à vos proches ! Au revoir, professeur. »
Le chercheur fut tout-à-fait troublé par cet avertissement. On connaissait ses recherches sur les origines de l’Humanité. Et on savait où il habitait. Il était vulnérable.  Mais il ne voulait pas se laisser intimider. Qu’on cherche à l’atteindre, c’était une chose. Mais que se passerait-il si on s’en prenait à ses proches ?
À la fin du message, un serpent était dessiné.
Jean choisit de ne pas avertir ses proches. Oui, il faisait des recherches sur le fonctionnement de l’Humanité, mais ses travaux n’avaient intéressé personne jusque-là…. Jusqu’à ce qu’il découvre ce livre à la bibliothèque ! Ce livre en devenait d’autant plus intéressant. Il devait lire ce livre.
Depuis quelques temps, la Terre était une planète en paix. Autrefois, les guerres faisaient rage. Autrefois, le nord et le sud se déchiraient, les pays et les peuples se regardaient en ennemis les uns les autres. Et puis, tout cela, d’un coup, avait cessé.  Les pays avaient soudain cessé toute hostilité. Sans qu’on comprenne pourquoi. Sans qu’on en comprenne le déclic. Il y avait eu des mouvements sociaux, sur toute la planète et les dirigeants avaient eu l’air d’avoir enfin les rênes pour parvenir à une ère de paix. Et les peuples maintenant s’entraidaient. Et les familles à présent communiquaient.
Jean prit son livre dans ses mains. Était-ce prudent ? Sa curiosité était trop forte… Il fallait lire ce livre, il le fallait absolument. Il l’ouvrit. Il était écrit :
« J’ai toujours considéré dans ma vie qu’il fallait communiquer. J’ai toujours pensé qu’il fallait tout dire, que les secrets étaient faits pour être découverts, que les mensonges étaient faits pour être combattus. Oui, pour moi la vérité est importante. La transparence peut aider à savoir d’où on vient, où on est et où on peut aller. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas dire, du moins pas tout de suite. Il y a des bons moments pour tout. Parfois c’est trop tôt. Parfois c’est trop tard.  Ce que j’ai vu, il fallait que je le voie. Et ce que j’ai vu, il fallait peut-être que je n’en parle pas. Que je ne le crie pas sur tous les toits. Oui. Il y a des choses qui ne peuvent être comprises tout de suite.  Mais ces choses peuvent être partagées, au compte-goutte, au moment opportun pour chacun. »
Jean referma le livre. 
Paul était à nouveau en escale. Une fois à son hôtel, il s’allongea sur son lit, dans sa chambre.  Il repensa soudain à son frère.  Il le trouvait bien léger, à croire tout ce qu’on pouvait lire dans les livres. C’était son refuge, c’était son truc. Lui, Paul, avait toujours pris plaisir à la découverte de la vie par de nombreuses expériences, qui, toutes, impliquaient le fait d’agir, d’avoir des initiatives… Son frère le fatiguait, avec ses histoires. Mais il l’amusait, également. Il faut de tout pour faire un monde. S’il n’y avait que des Jean, ou que des Paul, le monde pourrait être plus triste.

 

Photo : LTL

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