Theâtre : Hot House au Lucernaire

« Hot house » est une des premières pièce de Pinter (elle date de 1958). Déjà, on y trouve toute l’absurdité et la violence qui sont la signature de ce désormais classique anglais. Le décor, dont l’architecture ressemble de prime abord à celle d’un antique confessionnal, est en fait un ensemble de trappes et glissières qui sont régulièrement utilisées de sorte à former des cadrages qu’un peintre ou un photographe ne renierait pas. La troupe a fait le choix d’une mise en scène hyper-graphique et précise qui traite les comédiens comme autant de marionnettes.

Choix logique puisque le pièce évoque un univers – celui d’une institution psychiatrique – ordonné au point d’en être déshumanisé. Sauf que…

Sauf que les humains les plus éteints par l’autorité demeurent néanmoins humains. La pièce s’engouffre dans cette faille, en explore la béance et donne à voir comment les discours de convenance sont aussi utiles pour convaincre autrui qu’un emplâtre pour soigner une jambe de bois. On se meut avec délice de paradoxes sociaux en absurdité psychologiques, et pourtant toutes ces réactions sont si vraies… Elle sont simplement poussées jusqu’à l’absurde. Ceux qui aiment ce genre d’humour ou qui apprécient une mise en scène plus que millimétrée se délecteront.

Pierre François

« Hot House », d’Harold Pinter. Avec Fanny Decoust , Benjamin Bernard, Grégory Corre. Mise en scène de Valéry Forestier. Jusqu’au 11 Janvier au Théâtre du Lucernaire , 53, rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris , tél. : 01 45 44 57 34 .

Photo : Valéry Forestier

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