Spiritualité : Route pèlerine pour la paix, premier segment : mont Saint-Michel – Villeurbanne (18).

Le canal du Berry.

04/06
C
e jour-là, je suis fatigué et ralenti à l’excès. Il est déjà 15 heures quand j’ai méthodiquement fini de me préparer à partir. J’hésite à prendre la route dans cet état. Au moment où je sors, une giboulée me tombe dessus. Je reste à hésiter, assis sur un banc en face du canal du Berry et protégé par ma cape de pluie, pendant dix minutes. Puis je reviens pour louer un abri-bivouac le moins cher (15 €), donc sans prise électrique. La bonne nouvelle est qu’enfin, ce jour-là, je finis par retrouver la trace GPX que j’avais mise au point durant les mois qui ont précédé le départ. Cela m’avait pris des semaines de vérifier l’état des routes par lesquelles j’envisageais de passer, leur pente, et de noter l’existence de tous les campings, points d’eau, toilettes et réparateurs de vélos qu’il pouvait y avoir sur le trajet. Il y a encore du temps pour faire quelques courses alimentaires à l’Intermarché (23,71 €) et manger un kebab. Enfin, le coup de téléphone amoureux de ce soir-là est encore plus long que d’habitude dans la mesure où Laurence me manque et où je commence à m’énerver d’accumuler les retards, ce qui reporte d’autant le moment où je pourrai la retrouver chez son fils, à Lyon.

Sur la route du Paris-Nice.

05/06
D
épart à 11 heures. Je me bats entre le GPS et la carte en papier. J’essaye, avec le GPS, de rejoindre ma trace et tourne en rond pendant plus d’une heure, en repassant au passage sur un ancien itinéraire de la course Paris-Nice. Les jeunes gens auxquels je demande mon chemin consultent leurs téléphones pour me répondre, alors que je viens de regarder sur le mien avant de m’adresser à eux. On n’y voit rien derrière le plastique transparent qui protège l’ordiphone, sur le guidon. La trace vers La Villefranche reste affichée alors que je n’en ai pas besoin et l’écran ne se recentre plus sur ma position. Pour couronner le tout, la batterie est presque vide au bout de deux heures. Je passe définitivement à la carte papier en choisissant les routes jaunes et en évitant autant les nationales que les chemins peu carrossables, sur lesquels on ne sait jamais où on est tellement la signalisation est inexistante.

Il en existe encore !

Par contre, il y existe encore de vieilles cabines téléphoniques, ce qui s’explique peut-être par le fait qu’on traverse ici la fameuse « diagonale du vide ».
J’évite aussi les itinéraires dédiés aux vélos, qui sont autant de chemins des écoliers alors que je veux avancer. Je passe ainsi par Braize et Saint-Bonnet-Tronçais. Là, je traverse une forêt d’une fraîcheur inhabituelle en cette saison et termine par une belle descente vers le Rond Gardien, à proximité duquel se trouve une auberge bienvenue. Il faut attendre un peu l’ouverture, mais il y a des tables dehors. Un café agrémenté d’une recharge des batteries plus tard, je continue de traverser en ligne quasiment droite la forêt, passant par La Corne de Rollay et Lurcy-Lévis avant d’arriver au Veurdre, où je savais se trouver une auberge à pèlerins. En arrivant dans le bourg, une voiture de collection occupe la chaussée, poussée par quatre personnes. Je demande à la cantonade s’ils savent où est cette auberge.
Pierre FRANÇOIS