Théâtre : «Le tout petit prince minuscule», par Béatrice Chaland.

Chez les critiques dramatiques, une collègue versifie pendant les spectacles : Béatrice Chaland. Elle a la bonté de nous fournir régulièrement les poèmes publiés sur son site : https://bclerideaurouge.wordpress.com. Paraissent ici les spectacles qu’elle a notés au moins 3 / 5, surtout pendant les festivals d’Avignon, histoire de nous faire oublier que nous en sommes privés cet été.

«La mort, c’est pas rien,»
«Ça n’arrive qu’une seule fois dans la vie».
Ça nous fait du bien
De saisir comment l’auteur plonge en la survie
D’un être sans défense
Et plein d’une présence
Qui nous subjugue et étonne par sa prescience ;
Il nous émeut jusqu’au fond de notre conscience.

Le comique surgit du décalé des mots.
Raisonnement naïf, subtil, fort à propos.
On attend telle hypothèse et l’autre est choisie.
Regard d’enfant sur un monde d’adultes pris
Dans la tourmente d’une pensée qui s’enfuit.

On a l’impression d’être en la tête de l’homme
Diminué. Alors on comprend tout, en somme,
De cas spéciaux, d’un certain type de folie,
Sorte de génie, source de mélancolie.

«Optimisme triste» ou «pessimisme joyeux» ?
Penchons pour le deuxième, quand la joie aux yeux
Décille notre esprit
Afin que l’on sourie.

Quand un comportement moisi
Manque un peu de courtoisie,
On déguste avec frénésie
L’humour noir de la jalousie.

«L’amour, médicament pour oublier la vie» …
«Ou la mort» … suspendue dans un dernier sursis ?
L’amour est l’attente du prochain rendez-vous
Et le reste n’a plus d’importance du tout.

Cet essai, d’une immense sensibilité,
Dévêt l’humanité avec humilité.
Eblouissante interprétation. Rôle phare
Qui livre le fond de l’âme sans aucun fard.

Son écriture m’a totalement bluffée ;
A voir absolument ! Comme un conte de fée
Très puissant et terrifiant de sincérité.
Ce texte profond, emprunt de légèreté,
D’une incroyable force, crie sa vérité.

«L’essentiel est invisible pour les oreilles».
Dire «je veux» est une nouvelle naissance.
C’est prendre possession de ce qui a un sens
Particulier ; et plus rien ne sera pareil.

«Le petit prince ridicule»
S’écrit en lettres majuscules
De poésie philosophique
Qui produit un effet magique
A l’«Atelier Quarante-Quatre»,
Sympathique petit théâtre.

Il est tout petit,
Son Q.I. aussi ;
Mais sa drôlerie
S’emplit d’infini,
De vitalité,
De grande gaieté,
Comme ce qui suit :

«L’amour, ça remplace la vie,»
«Comme si on flottait par-dessus»
«Et qu’on la regarde de loin.»
«Que la vie ne nous dérange pas,»
«Et nous laisse seul»
«Avec notre amour tout entier.»

Béatrice Chaland / b.c.lerideaurouge
https://bclerideaurouge.wordpress.com

Ecriture, Mise en scène Yves Cusset. Interprétation Ernaut Vivien. Par la «Compagnie Un Jour, J’irai». (Avignon, 27-07-2019, 10h05).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *