Spiritualité, actualité : Les vœux du pape François à la Curie, cuvée 2017.

Sanglants.
Une dépêche AFP du 21 décembre relate l’atmosphère qui a présidé aux vœux de Pape à la Curie.
Sans nommer quiconque, l’évêque de Rome a qualifié de « traîtres » ceux qui freinent sa réforme des institutions vaticanes. S’il a admis que les changements concernant la Curie devaient se faire avec « patience, attention et délicatesse » dans la mesure où il s’agit d’une « ancienne, complexe et vénérable » institution, il n’en a pas moins noté que la dépoussiérer était comparable – comme le disait déjà un prélat du XIXe siècle – à « nettoyer le sphinx d’Égypte avec une brosse à dents ».
Pour ce qui concerne plus particulièrement les personnes qu’il a nommées pour mener cette réforme de la Curie à bien, il a noté que certains se comportent  en « traîtres de la confiance ». « Ils se laissent corrompre par l'ambition et une gloire vaine et quand ils sont délicatement éloignés s'auto-proclament à tort martyrs du système, disent « le pape ne m'a pas informé », parlent de « la vieille garde »… au lieu de faire un mea culpa » a-t-il dit dans ses vœux.
Il a expliqué combien il est nécessaire de « dépasser cette logique déséquilibrée et indigne des complots ou des petits cercles », laquelle constitue un « cancer qui conduit à l'autoréférentialité ».
Le pape jésuite, qui en tant que tel a lui-même formé un vœux spécial d’obéissance au pape, a indiqué que les membres de la Curie doivent « transmettre fidèlement la volonté du pape » tout en rendant hommage à l’immense majorité de ces derniers qui œuvrent avec "fidélité" et "compétence".
Mais le pape n’avait pas attendu cette audience des vœux à la Curie pour commencer à faire le ménage.
En juin dernier, le cardinal australien Georges Pell, qui dirigeait la réforme financière du Vatican a été renvoyé dans son pays, où il est accusé d’agressions sexuelles.
En juin encore,  Libero Milone, contrôleur des finances, est parti avant d’accuser, en septembre, la vieille garde de la Curie de l’avoir poussé dehors.
En été,  le cardinal Gerhard Müller, n’a pas été renouvelé à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ex saint-office).
En novembre, Giulio Mattietti, directeur adjoint de l’IOR (la banque du Vatican) a été renvoyé.
Si certaines allusions semblent viser Libero Milone, le cardinal Müller, qui se répand dans les journaux, s’opposait au pape sur la question des divorcés remariés et estime possible « un schisme d'une partie du monde catholique, désorienté et déçu » par les positions plus souples que par le passé du pape. Comme pour lui donner raison sur ce dernier point, cet automne un groupe d’une soixantaine de personnes conservatrices (laïcs, prêtres, théologiens) issues du monde entier a rendu publique une « correction filiale » faisant état des « hérésies » du pape concernant le domaine de la famille. Enfin, ce cardinal se plaignait de l’autoritarisme du pape à son encontre en même temps qu’une laïque irlandaise, Marie Collins, avait claqué la porte d’une commission sous sa responsabilité chargée des affaires de pédophilie au motif d’un manque « honteux » de coopération.
Le pape a appelé de ses vœux une Église ouverte sur le monde, sur les autres religions, mais aussi sur les « Églises particulières » (c’est-à-dire les diocèses, avec leurs cultures et perceptions du monde locales). Pour lui, il ne faut « jamais » regarder certains diocèses avec « supériorité ». Ce disant, il visait le cardinal guinéen Robert Sarah, auquel il avait rappelé en octobre que les traductions liturgiques pouvaient subir des adaptations pour mieux parler aux croyants dans leur propre langue.
Pierre FRANÇOIS

Photo :  Catholic Church England and Wales, licence Creative Commons

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