Théâtre : « Un petit garçon », d’Elie Pressmann au Théâtre Essaïon à Paris.

Le pansement de la bonté.
« Un petit garçon » n'est pas du théâtre, mais touche, et sans doute plus que bien des pièces. Il s'agit du témoignage tendre et frais d'un petit garçon de plus de quatre-vingts ans maintenant qui raconte comment il fut content de recevoir une décoration de Shérif quand il avait huit ans, et déçu de s'apercevoir que beaucoup de ses camarades y avaient eu droit aussi. Comment au moment de partir faire un long voyage en train, sa mère obtint qu'il parte avec ses deux sœurs de sorte qu'à dix ans il se retrouva dans un pensionnat de jeunes filles en fleur.
Le thème est souvent traité, c'est vrai, mais il y a là une légèreté, une humanité, un regard, un désir manifeste de transmettre aussi, qui font de ce spectacle une rareté.
Oui, la mise en scène – un vieil homme assis derrière une table avec une carafe et un verre – est minimale . Oui, il arrive à la musicienne de jouer le souffleur juste le temps de lui permettre de redémarrer. On est dans un reportage qui se narre à la façon d'un conte, devant un grand-père ou un aïeul qui voudrait dire doucement des choses à ses petits enfants sans leur faire peur, juste pour qu'ils sachent, avec amour. Il n'y a pas de méchant dans cette histoire, il y a juste des personnages de roman de jeunesse, des enfants qui s'évadent, des soldats avec lesquels ils font du trafic de cigarette, d'autre qui marchent comme des automates et, parce qu'il ne s'agit pas de trahir la réalité, une maman qui meurt après avoir sauvé sa fille, une maman dont le nom est gravé sur un mur à dix mètre d'un autre sur lequel on trouve le patronyme des gens qui ont offert de grandes vacances à la campagne à ce gamin qui faisait les foins sans l'avoir jamais appris…
On l'a compris : ce témoignage tendre est à voir, à prendre pour ce qu'il est, c'est à dire à recevoir avec autant d'amour que celui qui l'accompagne.
Pierre FRANÇOIS
« Un petit garçon », de et avec Elie Pressmann. Mise en scène : Catherine Hubeau assistée de Pauline de Meurville. Du jeudi au samedi à 19 h 45, dimanche à 18 heures jusqu'au 24 avril au Théâtre de l'Essaion, 6, rue Pierre au lard, 75004 Paris, tél. : 01 42 78 46 42, www.essaion.com

Photo : Pierre François.

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