Musique : concert de Lou Casa, « Chansons de Barbara » au Café de la danse le 30 mars à Paris.

À suivre.
« Lou Casa », considéré par les mélomanes comme se situant « quelque part entre Brel et la Mano Negra » est un groupe qui peu à peu est parti vers un projet de réinterprétation de chansons de Barbara alors qu'il ne prise pas les reprises. Après avoir publié un EP de six titres, il va maintenant en chanter bien plus au Café de la danse le 30 mars prochain.
Peut-on chanter Barbara avec une voix qui est clairement celle d'un homme tout en rappelant les intonations de l'idole des années 60 ? Oui, c'est ce que fait Marc Casa, à l'origine du collectif « Lou Casa » qui s'approprie une sélection de ses chansons sur le disque compact « À ce jour », sous-titré simplement « chansons de Barbara ».
Deux impératifs ont gouverné au choix des titres. D'une part, prendre des morceaux qu'ils sentaient pouvoir s'approprier et, d'autre part, que les arrangements dont ils accouchaient soient intéressants. Deux exigences qui demandent une totale sincérité dans la démarche. C'est ainsi que les morceaux retenus sont à 75 % peu connus et qu'il se trouve qu'ils datent plutôt de la première période, celle des années soixante, plus intime. Marc Casa s'est aperçu, en voyant le public qu'il touche, que cette époque parle à la jeunesse de la nôtre autant qu'aux membres de son groupe. Sans doute y a-t-il des ressemblances culturelles entre ces deux générations, mais il est aussi un fait certain que Barbara évoquait, avec la grande liberté qui était la sienne, des thèmes éternels. Le fait pour lui de chanter au masculin « Le bel âge » les enrichit encore. Certes, cette masculinisation du répertoire (relative, le cd comporte aussi « Sur la place » dont paroles et musique sont de Jacques Brel*) et les arrangements propres au groupe marquent une différence. Il n'hésite pas, par exemple, à introduire des rythmes de reggae et de tango dans « Perlimpinpin »8 (qui résonne de façon particulière depuis le 13 novembre). La relation de l'interprète contemporain à la compositrice est ici la même qu'au théâtre celle du metteur en scène à l'auteur. Cette attitude permet à « Lou Casa » de percevoir l'ivresse du désespoir à laquelle elle s'abandonne dans « La belle amour »9, par exemple.
Et effectivement, c'est bien le sentiment de parenté, de réinterprétation fidèle qui l'emporte, sans doute à cause de cette vibration de la voix dans les graves que l'on retrouve chez la vedette comme chez celui qui l'admire au point de vouloir mettre ses pas dans les siens, sans recherche de fusion néanmoins. On sent bien aussi que ces deux générations sont réunies par le souci de faire avancer la liberté et la fraternité sans nier les fêlures et fragilités personnelles.
Enfin, dernière réinterprétation, le groupe « Lou Casa », qui est déjà sensibilisé par l'histoire personnelle de ses membres, au thème de l'exil, a demandé à une vidéaste d'enrichir de son regard leur propre travail. Elle a ainsi mis en images « Perlimpinpin »6, « Sur la place »4, et « Tous les passants »7. On a là une confrontation réussie entre l'éternité des sentiments, l'histoire et l'actualité du monde.
Pierre FRANÇOIS
Lou Casa : « « À ce jour, chansons de Barbara » (www.loucasa-barbara.com), Musicast distribution. « Lou Casa », collectif dont le noyau est composé de Marc Casa (écriture, chant, direction), Fred Casa (piano, claviers), Julien Aellion (basses) et Thomas Ballarini (batterie, percussions) et dont l'effectif peut atteindre dix musiciens, a réuni pour l'enregistrement de ce cd Marc Casa , Fred Casa, Julien Aellion et (pour la ré-création vidéographique des musiques : https://www.youtube.com/watch?v=K4SDCIq1n88) Lucile Latour.
Le trio se produira sur la scène du Café de la danse, 5, Passage Louis-Philippe, 75011 Paris, tél. : 01 47 00 57 59, métro Bastille le 30 mars à 20 heures. En première partie, Contrebrassens & Michael Wookey.  Tarifs : 20 €/15 €. Réservations : fnac.com, Digitick.com.
Les autres dates de concert : samedi 16 avril à Lestre (50, Atelier ostréicole et musical de Christian de Longcamp) ; Vendredi 22 avril 2016 à Grâces (22, 20 heures, Espace multiculturel) ; dimanche 24 avril à Clohars-Carnoët (29, 17 heures, Salle des fêtes, résa. : 02 98 71 53 90) ; jeudi 26 mai à Chouzé-sur-Loire (37, Chez Servane, 20 heures, 10 €) ; vendredi 27 mai à Tours (37, CFA de Tours, 20 heures, 10 €) ; samedi 28 mai à Champigny-Sur-Veude (37, La bonne dame, 2, rue Saint-Lâdre, 37120 Champigny-Sur-Veude, participation libre, 20 heures) ; mardi 31 mai à Paris (75011, L’Auguste théâtre, 6, impasse Lamier, 75011 Paris, 12 et 18 €, résa. : 0143672067, 21 heures) ; samedi 16 juin à Champigny-sur-Marne (94, Festival Broc’music, Le Belvédère, 3, avenue Jean-Jacques Rousseau, 94500 Champigny-sur-Marne, entrée libre, 15 heures) ; mardi 26 et jeudi 28 juillet au Palais à Belle-Île-en-Mer (56, Liber & Co, rue des remparts, 20 heures) ; vendredi 5 août à Poucharramet (31, 7, rue des Hospitaliers, 31370 Poucharramet) ; en septembre à St Julien du Sault (89, Centre culturel, 20 heures) ; en novembre 2016 à Moissy-Cramayel (77, La Rotonde, 20 heures) et Sarcelles (93, Salle André Malraux, 4, place de Navarre 95200 Sarcelles, tél. : 01 34 38 20 51) ; samedi 21 janvier 2017 à Meaux (77, Auditorium médiathèque Luxembourg, 17 heures).

*Pour expliquer la relation musicale qu'il entretient avec l’œuvre de Barbara, Marc Casa prend l'exemple de cette chanson (« Sur la place »). Brel la chantait avec douceur, Barbara en a fait quelque chose de dynamique, filé, énergique. De la même façon, Lou Casa s'emparant de ce qu'elle chantait, mélange dynamisme et douceur, mais jusqu'à l'explosion et à la rupture du fragile équilibre qui venait d'être créé.

Photo : Pierre François.

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